CAP Export, un soutien approprié et bienvenu à l’exportation. Les exportations, enjeu central de la reprise française en 2010.
8 octobre 2009
Selon Euler Hermes SFAC, la reprise française en 2010 sera largement dépendante de la dynamique du commerce mondial et de la capacité de l’économie hexagonale à en tirer profit. Les principaux partenaires de la France n’affichent que des perspectives de croissance modérées et fragiles à l’horizon 2010. Mais les pays leaders de la reprise mondiale constituent souvent des zones à risque pour les exportateurs français. Dans ce contexte, le nouveau dispositif d’assurance-crédit publique court terme à l’export «CAP et CAP + Export» annoncé par le Premier ministre le 5 octobre, apportera un soutien particulièrement utile au développement à l’export des entreprises françaises. Il est mis à la disposition des assurés d’Euler Hermes SFAC dès aujourd’hui. Plus de 10 contrats ont déjà été signés.
1. L’activité économique repartira lentement et en ordre dispersé dans le monde en 2010. Un enjeu stratégique pour la reprise de l’économie française sera sa capacité d’exporter
Les zones économiques dans le monde renoueront avec la croissance en ordre dispersé : en Asie les effets négatifs de la crise sont déjà annulés, tandis que nombre de pays émergents reprendront leur rythme de croissance dès le début de 2010. L’Europe sera la dernière zone à renouer avec la croissance.
« Après un effondrement historique de -12%, le commerce mondial est attendu en augmentation de +3,5% en 2010. Pour les économies européennes, et notamment la France, la capacité de profiter de la reprise mondiale est au cœur des perspectives de reprise économique », commente Karine Berger, directrice des études Euler Hermes SFAC.
Cet enjeu stratégique doit être mis au regard des difficultés lourdes à l’exportation auxquelles la France est confrontée depuis le début des années 2000 :
- Le nombre d’entreprises françaises exportatrices est en recul depuis 2001
On dénombre moins de 95500 entreprises exportatrices fin 2008 en France soit une baisse de -12% par rapport au nombre record de 2001. Il s’agit d’un reflux marqué qui a donc débuté bien avant la crise et le repli des échanges mondiaux.
- Le dynamisme des exportations est très insuffisant
Le solde extérieur est négatif depuis octobre 2004. « La reprise du commerce mondial est une condition nécessaire mais pas suffisante. Nous sortons de sept années de sous performance par rapport au dynamisme du commerce mondial. Depuis 2001, la France perd en moyenne 0,6% de croissance par an du fait de son déficit commercial extérieur. Cela représente sur 10 ans 80 milliards d’euros.», commente Michel Mollard, président du directoire Euler Hermes SFAC.
2. Les zones qui portent la dynamique mondiale sont les plus risquées pour les exportateurs français
- Les exportations de la France sont essentiellement tournées vers les pays de la zone euro avec des perspectives de croissance modérées et un risque de défaillances d’entreprises toujours élevé
Les deux tiers des exportations françaises sont à destination de l’Union européenne, moins de 20% à destination de l’Asie et de l’Amérique et 6% à destination de l’Afrique. Les principaux pays partenaires de la France n’affichent que des perspectives de croissance modérées et fragiles à l’horizon 2010, malgré des signes de rebond pour le second semestre 2009. Le risque commercial reste en outre élevé, du fait d’une poursuite de la progression des défaillances d’entreprises. « Après un premier rebond en 2008 (+34%), l’Indice Global des Défaillances appliqué aux partenaires de la France est attendu toujours en hausse en 2009 (+37% estimés) et en 2010 (+4%). En outre, les exportations françaises, du fait de leur répartition géographique, sont globalement « plus exposées » au risque de défaillance que la moyenne mondiale », remarque Karine Berger.
- Les vrais relais de croissance représentent un risque élevé pour les exportateurs
Selon le baromètre export publié par Euler Hermes SFAC, les PME ont surtout accentué leurs efforts en 2008 en dehors de la zone euro, vers des pays « lointains », notamment les États-Unis, la Russie, la Chine et les pays du Maghreb, c’est-à-dire vers des marchés jugés plus dynamiques que les destinations traditionnelles.
« Ces zones attractives du fait de la forte croissance de la demande ont cependant pour la plupart un risque pays élevé, et par conséquent des risques d’impayés particulièrement forts pour les PME. Le besoin de se développer s’accompagne actuellement d’une augmentation des prises de risque qui, sans protection, peut se révéler dangereux pour la survie même de l’entreprise exportatrice », commente Michel Mollard.
En Chine et en Inde, la crise est déjà finie. Les croissances des PIB devraient atteindre 8,5% en Chine en 2010 et 7% en Inde en 2010. Le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord bénéficient de la remontée des prix pétroliers. Le PIB de l’Afrique et de la zone Moyen Orient est attendu en augmentation de 4% en 2010 avec des échanges commerciaux en hausse de 5%.
L’Europe centrale et de l’Est demeure globalement en crise à l’exception notable de la Pologne. Certains pays demeurent particulièrement fragiles et risqués (Pays baltes, Turquie et Hongrie). La croissance du PIB de l’Europe centrale et orientale est estimé à 1,6% en 2010 avec des échanges commerciaux en hausse de seulement 1%.
« Il existe donc des perspectives de débouchés plus prometteurs pour un tiers des exportations des entreprises françaises, mais avec une réalité plurielle des enjeux, des risques commerciaux et des risques pays », relève Jocelyne de Montaignac, membre du directoire d’Euler Hermes SFAC.
3. Le dispositif CAP Export vient redynamiser le soutien à l’exportation
Ce nouveau dispositif d’assurance-crédit public annoncé par le Premier ministre le 5 octobre sera disponible jusqu’à la fin 2010 et permettra de soutenir les exportations, indispensables à la reprise de la croissance française.
« L’extension du dispositif CAP à l’export correspond à une véritable attente des entreprises, qui sont conscientes des risques encourus à l’export dans cette conjoncture difficile et soucieuses de trouver des relais de croissance hors de France. 2700 de nos clients déjà équipés du CAP et ayant un volet à l’export pourront bénéficier de ce dispositif dès aujourd’hui », souligne Ludovic Sénécaut, membre du directoire d’Euler Hermes SFAC.
Le CAP Export tout comme le dispositif CAP domestique permet :
- pour le CAP export, de doubler la garantie des assureurs-crédit en cas de réduction d’encours,
- pour le CAP+ export, de bénéficier de garanties pour des acheteurs qui ne sont plus couverts par les assureurs-crédit.
Par ailleurs son prix est attractif au regard du risque d’impayé qu’il permet de couvrir. A titre d’exemple, une garantie complémentaire CAP Export trimestrielle de 50 000 euros pour un acheteur chinois ne revient qu’à 312,5 euros. « C’est une véritable solution en temps de crise pour les entreprises souhaitant travailler en toute sécurité à l’export et préserver leur développement à l’international. » conclut Jocelyne de Montaignac
* Les dernières révisions 2009, toutes à la baisse : Singapour (A), République tchèque (BB), Botswana (B), Pologne (B), Thailande (B), Barbade (C), Estonie (C), Jamaïque (D), Kazakhstan (D), Lettonie (D).
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