Communiqué risque Thaïlande

La Thaïlande reste notée BB : l’économie ne devrait pas souffrir à court terme du coup d’état, mais pourrait être vulnérable à moyen terme

L’assureur-crédit Euler Hermes SFAC et l’ensemble des filiales du Groupe Euler Hermes suivent en permanence les risques pays du monde en combinant approche politique et économique. Il en résulte un classement des pays en six catégories , allant du plus sûr au potentiellement le plus risqué. Sur une échelle de AA à D, la Thaïlande reste notée BB, cette note reflétant déjà un élément de risque politique.

Le 19 septembre, un coup d’état militaire s’est produit en Thaïlande, alors que le Premier ministre Thaksin se trouvait à l’étranger. Le leader du mouvement, le Général Sonthi a annoncé qu’un gouvernement civil intérimaire assurerait l’exercice du pouvoir jusqu’à l’organisation de nouvelles élections l’année prochaine. « Du fait de ses infrastructures économiques solides, le pays semble peu exposé à court terme, mais pourrait, faute d’une rapide normalisation démocratique, connaître des difficultés à moyen terme », analyse Philippe Brossard, directeur de la recherche de l’assureur-crédit Euler Hermes SFAC.

La Thaïlande fragilisée à moyen terme par le coup d’état…
A moyen terme, la situation économique pourrait se détériorer au regard de la méfiance croissante des investisseurs vis-à-vis des marchés émergents. Les investisseurs risquent en effet de réagir négativement aux événements politiques actuels, ce qui pourrait amplifier la chute du baht. Cette dernière devrait toutefois rester dans des proportions acceptables.
De son côté, le marché des actions n’a pas enregistré de secousse majeure à sa réouverture. Quant à la confiance des ménages, elle est susceptible de descendre encore plus bas. L’industrie du tourisme pourrait aussi souffrir d’une diminution de la fréquentation, de nombreux gouvernements étrangers dissuadant leurs ressortissants de se rendre en Thaïlande. A l’heure actuelle, il semble néanmoins que les touristes ne courent aucun danger, les principaux établissements touristiques restant majoritairement peu affectés.

…mais économiquement solide à court terme
Malgré cette menace sur le moyen terme, le coup d’état ne devrait pas avoir d’impact significatif à court terme sur la politique économique thaïlandaise, dans la mesure où les réformes ont été gelées depuis février dernier. En outre, la Thaïlande bénéficie de bases macroéconomiques saines qui devraient avoir un effet régulateur sur l’économie du pays, du moins dans l’immédiat. Le marché financier devrait aussi être relativement épargné par les conséquences du coup d’état, même si l’instauration de la loi martiale a contraint les services publics, les banques et la bourse à la fermeture. Le baht a ainsi connu sa plus grosse baisse par rapport au dollar de ces trois dernières années. Mais au regard de la gravité des événements, cette baisse de seulement 2% reste somme toute modérée.

Selon le système de notation risque pays d’Euler Hermes, la Thaïlande est notée BB**. « Le pays est principalement pénalisé par son instabilité politique récente et certaines faiblesses structurelles, alors même que ses structures macroéconomiques et fiscales pourraient justifier une note A. La panique n’est donc pas de mise, surtout à court terme, bien que l’horizon à long terme reste incertain », conclut Manfred Stamer, analyste pays chez Euler Hermes.

Comparaison avec la crise asiatique de 1997
La crise asiatique de 1997-1998 avait été provoquée par une crise monétaire en Thaïlande. Il semble peu probable que les événements politiques actuels engendrent une dégradation similaire. Les conditions économiques sont en effet bien différentes de celles de 1997 : les entreprises sont mieux dirigées, la monnaie thaïlandaise flotte beaucoup plus librement et le marché des actions ne fait pas l’objet de spéculations. A quoi il faut ajouter des infrastructures macroéconomiques beaucoup plus solides.
Le risque de contagion est également moins élevé. La plupart des pays asiatiques sont mieux armés pour absorber les chocs extérieurs grâce au renforcement de leurs cadres économiques et à la plus grande flexibilité des taux de change.

** Les « grades pays » : une mesure du risque géo-politique et économique
Le groupe Euler Hermes a élaboré un système de « notation » des pays destiné à mesurer le risque dans sa dimension géo-politique et économique. Un Comité risque pays analyse en permanence la situation de chaque pays en fonction des problèmes économiques ou politiques les affectant et définit des notes, sur une échelle à 6 niveaux (par ordre croissant de risque : AA /A / BB / B / C/ D). Cette note est prise en compte avant toute demande de couverture et influe sur le niveau de garantie accordé.

L’assurance-crédit, solution la plus complète
La modèle économique développé par le groupe Euler Hermes est fondé sur une prévention et un arbitrage au plus près du risque. L’analyse du risque est menée localement sur la base de procédures communes, et les conclusions sont enregistrées dans une base de données mondiale unique. Ainsi, lorsqu’un assuré formule une demande de garantie sur un acheteur situé dans un autre pays que le sien, c’est l’entité du groupe Euler Hermes dont dépend l’acheteur qui arbitre le risque. Pour assurer ce mode de fonctionnement décentralisé, le groupe s’appuie sur ses différentes filiales implantées partout dans le monde.
Pour accompagner le développement des entreprises à l’exportation et sécuriser leurs transactions commerciales, Euler Hermes SFAC a créé le produit d’assurance-crédit Grand Angle destiné aux entreprises qui souhaitent un développement international en toute sécurité.

    Allianz Logo