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Les choix et les risques à l'exportation
des PME françaises dans la crise mondiale


Une enquête a été menée par Euler Hermes SFAC auprès des PME françaises exportatrices. Ses conclusions sont issues des réponses de 828 entreprises. Dans le contexte de crise économique et financière mondiale, les PME françaises choisissent de développer des marchés d’exportation plus lointains, plus dynamiques mais également de plus en plus risqués, notamment la Russie, la Chine ou le Maghreb.

« Les principaux freins à l’exportation en 2008 que les PME françaises ressentent sont le manque de collaborateurs dédiés lié à la relativement faible productivité des entreprises industrielles et le taux de change. Ce sont sur ces deux points que la politique économique en faveur du commerce extérieur doit se concentrer » déclare Michel Mollard, président du directoire d’Euler Hermes SFAC.

Le principal risque à l’exportation est le risque d’impayé. Ces risques sont amplifiés par la crise économique mondiale. « Nous prévoyons une augmentation de 25% des défaillances d’entreprises dans le monde à la fois en 2008 et en 2009. Cette hausse des défaillances d’entreprises touche tous les marchés de l’OCDE » analyse Karine Berger, directrice des études d’Euler Hermes SFAC.

Hors OCDE, le risque pays augmente fortement depuis septembre 2008, le positionnement des exportateurs français devenant dès lors de plus en plus risqué.

1 - Les PME françaises sont essentiellement freinées à l’exportation en 2008 par le manque de collaborateurs dédiés (productivité) et le taux de change

L’enquête d’Euler Hermes SFAC a été réalisée auprès de 828 PME exportatrices françaises, dont les deux tiers réalisent moins de la moitié
de leur chiffre d’affaires à l’exportation.

Si l’Allemagne demeure la première destination d’exportation vers laquelle les PME interrogées souhaitent développer leurs exportations, elles ont surtout accentué leurs efforts en 2008 en dehors de la zone euro, vers des pays « lointains », notamment les États-unis, la Russie et la Chine, et les pays du Maghreb, c’est-à-dire vers des marchés jugés plus dynamiques que les destinations traditionnelles, mais également vers des marchés de délocalisation (c’est le cas pour la filière automobile).
Les deux principaux freins à l’exportation signalés par les PME françaises sont le manque de collaborateur et le taux de change. La taille des PME exportatrices françaises demeure trop petite, et par conséquent elles sont trop peu productives pour assurer un développement durable de nouveaux marchés d’exportations. En revanche, les aides publiques ne sont pas spécialement demandées par les PME interrogées.
Le principal risque signalé par les PME pour leurs exportations est le risque d’impayés : trois entreprises sur quatre le signalent comme premier ou deuxième risque.

2 - Le risque d’impayé à l’exportation par la défaillance d’entreprises s’accentue fortement dans les pays de l’OCDE ; hors OCDE, les destinations ciblées par les PME françaises sont des zones où le risque pays s’envole actuellement.

Les défaillances d’entreprises s’envolent dans le monde en 2008 et 2009 : la progression de l’indice global des défaillances sera, deux années consécutives, de 25%.

Dans les pays de l’OCDE, les défaillances d’entreprises sont le principal risque d’impayé pour les exportateurs ; la notion de risque pays n’est pas pertinente pour aborder le risque commercial pour ces pays puisque le risque politique, juridique et la plupart du temps de balance courante est absent.

Sur l’année 2008, Euler Hermes SFAC constate que les contentieux à l’exportation sont essentiellement concentrés sur les pays de l’OCDE, et en premier lieu en Italie, en Espagne et en Irlande. En 2009, les États-unis et la Pologne, signalés comme destination de développement par les PME, vont connaître un nouveau bond spectaculaire des défaillances d’entreprises, et par conséquent des impayés.

La progression attendue des défaillances d’entreprises dans tous les pays de l’OCDE l’an prochain (voir tableau 1) traduit une envolée du risque d’impayé à l’exportation pour les PME.

Hors OCDE, les zones ciblées par les PME pour leurs efforts d’exportation cette année et l’an prochain enregistrent un risque pays élevé. Surtout la crise économique et financière entraîne une augmentation générale du risque pays hors OCDE depuis l’été 2008 (voir graphique 2). Le besoin de se développer s’accompagne actuellement d’une augmentation des prises de risque qui, sans protection (assurance), peut se révéler dangereuse pour la survie même de l’entreprise exportatrice.


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