Une crise inédite par son ampleur et sa simultanéité au niveau mondial. Pas de stabilisation prévue avant fin 2009.
17 décembre 2008
Dans une étude présentée aujourd’hui, la société d’assurance-crédit
Euler Hermes SFAC nous dévoile son scénario global et sectoriel de la crise au niveau mondial. L’assureur-crédit souligne que la crise économique et financière actuelle par son ampleur et sa propagation est inédite. Elle se traduit par une récession dans les pays de l’OCDE en 2009, et par un ralentissement très brutal dans les pays émergents. La croissance du PIB mondial se limitera à 1 % en 2009, avec une contraction de -0,6 % aux Etats-Unis et une contraction de -0,5 % en zone euro. Une stabilisation progressive n’est pas envisagée avant la fin 2009.
Les pays sont toutefois inégalement touchés par la crise. Les plans de relance annoncés jusqu’à présent représentent 3,5 % du PIB mondial,
mais les leviers mis en œuvre sont très différents selon les pays.
« En France, la contraction du PIB pourrait atteindre -0,7 % au quatrième trimestre 2008 du fait d’un plongeon simultané de la production industrielle,
de la construction et de la consommation », commente Karine Berger, directrice des études Euler Hermes SFAC.
1 - La crise économique est inédite du fait de son ampleur
et de sa simultanéité au niveau mondial.
La croissance mondiale atteindra au mieux 1 % l’an prochain.
La crise économique de 2008-2009 est la première crise qui touche simultanément les économies américaine et européenne. En outre, elle touche toutes les composantes de la demande dans les pays de l’OCDE : consommation, investissement des entreprises, investissement logement. La récession sera de -0,6 % aux Etats-Unis et en zone euro et de -1,1 % au Royaume-Uni. Par ailleurs, les principaux pays émergents sont fortement ralentis par cette crise, notamment les pays d’Europe centrale
et de l’Est. Leur croissance est divisée par 2 ou 3 du fait de la contraction de la demande des pays de l’OCDE et du plongeon du commerce mondial qui en résulte.
« Cette tempête économique et financière s’accompagne d’une nette remontée des risques : les défaillances d’entreprises augmenteront de 25 % en 2008 et de nouveau de 25 % en 2009 », souligne Maxime Lemerle, responsable du département des études économiques Euler Hermes SFAC.
2 - Les pays privilégient des plans de relance ciblés sur les points faibles de leur croissance.
La crise économique touche différemment les pays de l’OCDE car leur croissance économique a eu des ressorts particuliers au cours des dernières années.
« Alors qu’aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, en Espagne et en France, les moteurs ont été la consommation et la construction, les économies japonaise et allemande ont essentiellement été portées par l’investissement et les exportations », commente Marie-Christine Schmitt, chargée d’études économiques Euler Hermes SFAC.
Les réponses de politique de relance sont exceptionnelles, du point de vue budgétaire (un montant total annoncé de 3,5 % du PIB mondial : voir tableau 1 dans le communiqué complet téléchargeable en PDF) et monétaire. Les politiques de relance sont toutefois très différentes car
elles s’adaptent aux spécificités de chaque pays (voir tableau 2 dans le communiqué complet téléchargeable en PDF).
3 - La France subira une contraction de son activité jusqu’à l’été 2009.
La crise française a eu trois étapes : en début d’année un arrêt de la progression de la consommation et de l’investissement des ménages ;
puis un ralentissement de l’investissement des entreprises en lien
avec la crise financière ; enfin un plongeon de la production industrielle à partie de l’automne du fait de la chute des exportations.
Au quatrième trimestre 2008, avec la baisse de toutes les composantes de la demande, la contraction de l’économie française atteindrait -0,7 %, et serait son point bas en terme de croissance.
« Pour 2009, la désinflation permettrait un rétablissement lent
de la consommation des ménages à partir de l’été en dépit d’une progression nulle du pouvoir d’achat des revenus et la contraction de l’emploi. Sur l’ensemble de l’année, le PIB baisserait de -0,5 % », conclut Karine Berger.
Téléchargez le communiqué de presse Euler Hermes SFAC complet sur la crise mondiale économique et financière avec tableaux en PDF

