Communiqué de presse 8.03.06
Euler Hermes SFAC publie sa carte de France des défaillances d’entreprises 2005. L’assureur-crédit observe une hausse des défaillances d’entreprises en France de 3,2%. C’est la quatrième année consécutive de hausse. Deux facteurs expliquent l’augmentation de 2005 : le fléchissement de la croissance économique et l’importance des créations d’entreprises observées en 2003-2004. Les secteurs les plus touchés sont la construction, malgré un niveau d’activité élevé, et le commerce. Les DOM, le Languedoc et la région Centre subissent une augmentation de plus de 10% de leurs défaillances.
• Hausse des défaillances d’entreprises
En franchissant la barre des 50 000 cas enregistrés (50 242, en date de publication au Bodacc) le nombre de défaillances a atteint son plus haut niveau depuis 1998 (54 543). Cette progression des défaillances reflète la dégradation des comptes des entreprises. Ces dernières ont subi les hausses des coûts d’approvisionnement (pétrole, métaux…) et des consommations intermédiaires sans pouvoir les répercuter intégralement dans leurs prix de vente, en raison de la pression exercée par les donneurs d’ordre ou les centrales de distribution. Pour rester compétitives face à la concurrence rencontrée tant à l’exportation que sur le marché domestique, les entreprises industrielles ont été obligées de s’aligner sur les prix les plus bas et à réduire leurs marges pour maintenir les volumes. Le taux de marge brut d’exploitation (EBE / VA) s’en ressent et se maintient à ses plus bas niveaux depuis 1980, soit 30,4% au troisième trimestre 2005.
- Les petites entreprises sont les principales cibles des défaillances
La grande majorité des défaillances est constituée de petites entreprises : plus de 90% d’entre elles emploient moins de 10 salariés. Elles exercent leur activité principalement dans le commerce, les services et le bâtiment, ces trois secteurs concentrant plus de 70% des défaillances totales.
- La sinistralité des grosses entreprises s’est accélérée en fin d’année
En 2005, Euler Hermes SFAC a recensé 106 cas d’entreprises ou groupes réalisant un chiffre d’affaires supérieur à 15 millions d’euros, contre 114 en 2004. « On note cependant une accélération des grosses défaillances en fin d’année - avec 41 cas au 4ème trimestre- contre 19 au 4e trimestre 2004. Cela laisse supposer que l’exercice 2005 a été particulièrement difficile », constate Marie Christine Schmitt, chargée d’études économiques Euler Hermes SFAC. Le volume d’affaires cumulé des grosses défaillances représente 3,6 milliards d’euros. En termes d’emplois, ces grandes défaillances concernent plus de 23800 salariés - contre 24800 en 2004 - dont le poste est menacé à plus ou moins long terme, en fonction de l’issue des procédures, plan de cession, de continuation dans le meilleur des cas ou liquidation dans le pire des cas.
• Une hausse des défaillances observée dans la plupart des régions
- Huit régions ont une augmentation des défaillances supérieure à la moyenne nationale
Huit régions ont enregistré une progression des défaillances supérieure à la moyenne nationale de 3,2%. Les écarts entre les extrêmes sont particulièrement creusés allant d’une augmentation de 52% dans les DOM à un repli de 10% pour la Franche Comté. L’Ile-de-France concentre un quart des défaillances françaises et des défaillances totales. Elle totalise également le plus grand nombre de grosses défaillances : 33 sur 106. Cette concentration s’explique par le fait que le jugement est rendu par le tribunal de commerce dont dépend le siège social de l’entreprise ou du Groupe en cessation de paiements. Mais bien souvent les unités de production sont implantées dans les régions qui sont directement concernées par les restructurations, les plans sociaux et les conséquences économiques à l’échelle locale.
• La hausse des défaillances touche principalement la construction et le commerce
- Parmi les plus fortes progressions des défaillances, le BTP arrive en tête (+7,4%) malgré un niveau d’activité toujours soutenu. Dans le commerce, qui concentre 23% des défaillances totales, l’augmentation globale dépasse les 5%. Dans les transports, secteur confronté au renchérissement des prix du carburant et à l’intensification de la concurrence des transporteurs européens, les dépôts de bilan se sont accrus de 4%.
- L’hôtellerie-restauration se stabilise, l’immobilier est épargné
Dans les services, la progression est plus limitée tandis qu’une stabilisation est observée dans l’hôtellerie-restauration, après une forte augmentation en 2004.
- L’industrie connaît des situations contrastées
L’industrie connaît un recul de ses défaillances (-3,4%) mais la tendance globale masque en réalité des situations très contrastées. Si les dépôts de bilan ont reculé de 5,9% dans les industries agroalimentaires, il faut souligner l’augmentation des défaillances dans l’automobile (+26% chez les équipementiers et sous-traitants), dans l’aéronautique, la construction métallique (+41%), la fabrication de machines ou la plasturgie (+9,7%). Les difficultés dans le textile et la chaussure, sont illustrées par une sinistralité respectivement en hausse de 5% et 23,6%.
• Une stabilisation des défaillances est prévue pour 2006, mais cette prévision demeure fragile du fait des incertitudes liées à la loi Perben
Les perspectives économiques semblent mieux orientées, du moins en Europe. Cela permettrait à la France de renouer, selon les prévisions d’Euler Hermes SFAC, avec un rythme de croissance de 2% en 2006, d’où une stabilisation du nombre de défaillances à leur niveau actuel.
« Tout en apportant son lot de défaillances de jeunes entreprises, l’impact des fortes créations de 2003 et 2004 s’atténuera graduellement. En effet, le nombre de créations d’entreprises s’est stabilisé en 2005 (+0,4%). Cela devrait contribuer à la stabilisation des défaillances en 2006 », conclut Philippe Brossard, Directeur de la Recherche Euler Hermes SFAC.
Néanmoins l’entrée en vigueur de la loi de sauvegarde pourrait provoquer en cascade la faillite de nombreux créanciers et avoir un impact négatif sur l’évolution des statistiques de défaillances.

