Brexit : 3 milliards d'euros de pertes d’exportations en 2019 pour les entreprises françaises en cas de No Deal

23.10.2018

Les négociations entre l’Union Européenne et le Royaume-Uni quant à un accord de sortie et à un nouvel accord commercial se poursuivent. L’issue des discussions engagées entre les deux parties est incertaine, et la probabilité d’un No deal Brexit se renforce. Dans sa dernière étude, Euler Hermes, le leader mondial de l’assurance-crédit, estime d’ailleurs qu’un tel scénario a 25% de chances de se produire. Pour quelles conséquences ?

 
Illustration Brexit 2019 

Exporter vers le Royaume-Uni, un choix couteux


Si le Royaume-Uni quitte l’Union Européenne sans qu’aucun nouvel accord commercial ne soit signé, alors les relations entre les deux parties seront soumises aux règles de l’OMC. Les taxes à l’importation augmenteront des deux côtés, et atteindront entre 4 et 5%. En parallèle, une forte dépréciation de la livre face à l’euro est attendue : actuellement à 1,13 euros, la livre atteindrait 0,88 euro fin 2019. Un double effet qui pourrait faire reculer les importations britanniques en provenance d’Union Européenne.


Dans le même temps, il faudra s’attendre à un durcissement des conditions réglementaires bilatérales. Les contrôles à la douane seront rallongés, et les formalités administratives à remplir plus pointues. Une complexification de la relation commerciale qui fera perdre un temps considérable aux exportateurs européens, et qui alourdira le coût d’exportation vers le Royaume-Uni.



Les exportateurs français en première ligne


L’accès au marché britannique serait ainsi plus complexe et plus couteux pour les entreprises européennes, d’où un important manque à gagner pour les exportateurs de certains pays. L’Allemagne sera le grand perdant, avec des pertes de près de 8 Mds EUR en exportations de biens en 2019, suivie des Pays-Bas (4 Mds EUR) et de la Belgique (3 Mds EUR).


La France est également en première ligne, avec des pertes d’exportations de biens de 3 Mds EUR. Une perte conséquente, puisqu’elle représenterait 16% de la demande additionnelle adressée à la France en 2019 (19 Mds EUR).


« Si le Brexit n’est pas suivi par la signature d’un nouveau traité commercial entre l’UE et le Royaume-Uni, les exportateurs français devront chercher de nouveaux débouchés. Les secteurs les plus affectés par un tel scénario seraient l’automobile (378 millions d’euros de pertes d’exportations de biens en 2019), les machines et équipements (324 millions d’euros), l’électronique (177 millions d’euros), l’aéronautique (160 millions d’euros) et les boissons (157 millions d’euros) », développe Ana Boata, économiste en charge de l’Europe chez Euler Hermes.