Changement de notes de risque pays Euler Hermes au deuxième trimestre 2017

12.07.2017

Pour aider ses clients à anticiper les risques à l’export, Euler Hermes surveille les déséquilibres macroéconomiques, l’environnement des affaires, et la stabilité du système politique dans près de 250 pays et territoires à travers le monde. Chaque trimestre, le leader mondial de l’assurance-crédit publie ses notes de risques pays. Pour le deuxième trimestre 2017, le département de la recherche économique d’Euler Hermes a révisé à la hausse la note de la République Tchèque, et à la baisse celles de l’Azerbaïdjan, de Porto Rico et du Qatar.

 

Le retour de l’investissement soutiendra l’accélération de la croissance en République Tchèque


Après un ralentissement à +2,4 % en 2016, l’économie tchèque devrait retrouver de l’allant en 2017, et croître de +3%. La reprise des investissements cofinancés par l’UE devrait soutenir l’investissement tchèque et donc l’accélération de la croissance du PIB. Concernant les finances publiques, une nouvelle amélioration est à noter : la balance budgétaire était excédentaire en 2016 et la dette publique a baissé à 37% du PIB. L’inflation reste modérée, le taux de change est stable, la balance courante est positive depuis 2014, et les réserves de change ont considérablement augmenté, couvrant maintenant 11 mois d’importations et le double de la dette extérieure à échéance 12 mois. En conséquence, Euler Hermes a amélioré la note de risque à moyen terme de la République Tchèque de BB à A. Le risque court terme reste faible (1).

La crise bancaire aggrave la situation économique de l’Azerbaïdjan


L’économie azérie, dépendante des hydrocarbures, a été fortement affectée par l’effondrement du prix du pétrole en 2014-2015. En témoignent l’importante dépréciation de la monnaie locale (AZN) et la contraction du PIB en 2016 (-3,8%). De plus, la crise bancaire systémique de mai 2017 a forcé la Banque Internationale d’Azerbaïdjan (banque qui possède 40% des actifs bancaires d’Azerbaïdjan, en majorité détenue par l’Etat) à restructurer sa dette commerciale extérieure. Comme l’Etat risque de supporter une large part du fardeau, le déficit budgétaire devrait considérablement s’alourdir, et pourrait atteindre plus de 16.9% du PIB en 2017). De plus, la part des actifs dans le fonds souverain azéri devrait se contracter, tandis que les banques et les entreprises locales auront un accès réduit au financement étranger. Enfin, la récession devrait continuer en 2017 (-1%). En conséquence, Euler Hermes a dégradé la note de risque à court terme de l’Azerbaïdjan de significatif (3) à élevé (4). Le risque à moyen terme s’accroît aussi, passant de C à D.

Une récession de plus en plus pesante pour Porto Rico


Le gouvernement portoricain s’est déclaré en faillite, et cherche à restructurer une dette publique qui s’élève à 74 Mds USD. La longue récession qui s’est installée à Porto Rico lors de la dernière décennie devrait se prolonger. Après une contraction du PIB de -1,8% en 2016, la situation devrait s’aggraver en 2017 (-3%) et 2018 (-2,5%), et alourdir encore plus le fardeau de la dette. Les défaillances d’entreprises et le risque d’impayé devraient s’accroître. En conséquence, Euler Hermes a dégradé la note de risque à court terme de Porto Rico de faible (1) à significatif (3). Le risque à moyen terme s’accroît aussi, d’AA à BB.

Le conflit avec les voisins régionaux change le profil de risque du Qatar


Le 5 juin, l’Arabie Saoudite, les Emirats Arabes Unis, Bahreïn et l’Egypte ont mis fin à leurs relations diplomatiques avec le Qatar. En parallèle, les échanges aériens, maritimes et terrestres avec Doha ont été suspendus par les 4 pays. Avec 335 Mds USD d’actifs dans son fonds souverain, le Qatar semble avoir les moyens d’éviter une crise économique immédiate. Mais certains secteurs pourraient être affectés par la situation, comme les importations agro-alimentaires et de matériaux de construction, via l’Arabie Saoudite. De plus, le transport aérien qatari subit une hausse des coûts, tandis que les banques saoudiennes et émiraties retardent leurs affaires en cours avec les banques qataries. Des sorties de capitaux sont prévisibles, et Euler Hermes a revu à la baisse sa prévision de croissance pour le Qatar en 2017, de +2,8% à +1,8%. En conséquence, Euler Hermes a dégradé la note de risque à court terme du Qatar de faible (1) à moyen (2). Le risque à moyen terme s’accroît aussi, passant de BB à B.