Défaillances d'entreprises en Île-de-France : peut-on parler d'un effet attentats ?

18.05.2016

​Euler Hermes analyse en permanence la situation financière des entreprises, les comportements de paiement et les risques de défaillances. Le leader mondial de l’assurance-crédit livre ainsi son analyse sur l’état des défaillances d’entreprises en Ile-de-France entre mars 2015 et mars 2016.

 

Sur la période étudiée, l’Ile-de-France enregistre une hausse significative du nombre de défaillances d’entreprises de +4,9%. Un phénomène notable puisque cette dégradation est à rebours de l’amélioration observée en France : les défaillances baissaient en effet de -4,5% à fin mars dans l’hexagone.

« Sur 12 mois glissants, à fin mars 2016, nous estimons à 12.677 le nombre de faillites d’entreprises franciliennes. Il s’agit d’un chiffre conséquent, qui représente environ 20% du total des défaillances d’entreprises françaises », explique Stéphane Colliac, économiste chez Euler Hermes.

Infographie effet attentats sur les défaillances franciliennes 

Un probable effet attentats


Cette recrudescence des défaillances dans la région pourrait en partie découler des attentats perpétrés à Paris, le 13 novembre 2015. « Les secteurs les plus sinistrés en Ile-de-France sont ceux du tourisme et des loisirs, à savoir l’hébergement et restauration (+10% sur 12 mois) et les transports (+32%) », expose Stéphane Colliac.

L’investissement dans les infrastructures relatives au tourisme et aux loisirs a lui aussi été impacté, d’où une hausse des défaillances constatée dans le secteur de la construction (+6%).

« En extrapolant la baisse du nombre de faillites observée en province dans ces trois secteurs (-6,1%), nous obtenons un différentiel de 290 entreprises en Ile-de-France, qui pourrait être attribué au choc des attentats. Sans les attentats, les défaillances dans la région auraient d’ailleurs certainement baissé de -1,3%. »

Les TPE lourdement impactées

 
Entre mars 2015 et mars 2016, en région francilienne, les défaillances ont particulièrement touché les entreprises dont le chiffre d’affaires est inférieur à 1 million d’euros (+6,4%). Pire encore, sur 10 entreprises qui font faillite, 9 réalisent un chiffre d’affaires inférieur à 1 million d’euros.
 
Là aussi, l’effet attentats est privilégié par Stéphane Colliac. « La sinistralité en Ile-de-France est très forte chez les TPE, car ce sont des entreprises qui sont moins bien armées que les grands groupes pour faire face aux aléas. Par ailleurs, le détail sectoriel des défaillances de ce type d’entreprises confirme que les secteurs les plus impactés sont les transports (+39%), l’hébergement/restauration (+11%) et la construction (+8%). »


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