L’industrie automobile européenne potentiellement privée de 10 milliards d'euros d’exportations vers les Etats-Unis

29.06.2018

Euler Hermes a analysé l’impact potentiel des menaces protectionnistes américaines sur les exportations européennes. En 2017, les exportations européennes vers les Etats-Unis ont progressé de +3%, et s’élevaient à 370,8 Mds EUR (7% du total des exportations européennes). Mais dans un contexte de renforcement de la rhétorique protectionniste américaine, comment se terminera l’année 2018 pour les exportateurs européens ?

 

Le secteur automobile européen en première ligne


L’an passé, l’automobile figurait parmi les secteurs européens qui exportaient le plus vers les Etats-Unis (48 Mds EUR), avec les machines et équipements (66,3 Mds EUR) et la pharmacie (47,4 Mds EUR). Mais alors que la hausse des tarifs américains sur l’acier et l’aluminium est entrée en vigueur début juin, des mesures de rétorsion européennes ont été appliquées il y a quelques jours. Et pour répondre à ces représailles de l’UE, le Président Donald Trump parle d’augmenter les tarifs à l’importation sur les voitures européennes à 20%. Le marché américain représentant près de 11% du total des exportations de voitures européennes, faut-il s’inquiéter de cette menace ?



« Nous estimons qu’une telle hausse des taxes américaines générerait un manque à gagner d’environ -10 Mds EUR pour l’industrie automobile européenne l’année suivant la mise en place des nouveaux tarifs, soit 1,5% du total des exportations européennes de véhicules », analyse Ana Boata, économiste en charge de l’Europe chez Euler Hermes.


L’impact global parait limité, mais certains pays seront particulièrement affectés. Parmi eux il y a l’Allemagne (-4,7 Mds EUR de manque à gagner), le Royaume-Uni (-1,8 Mds EUR), et l’Italie (-1 Mds EUR). La France, quant à elle, devrait être moins pénalisée (0,35 Mds EUR) que ses voisins.



« Avec cette hausse de taxes, le coût moyen d’une voiture européenne importée aux Etats-Unis devrait augmenter d’environ 6 500 €. Cela se traduirait également par 270 000 voitures européennes de moins exportées vers les Etats-Unis en 2018. Pour comparaison, 1,15 millions de voitures européenes ont été exportés vers les USA l’an passé », développe Maxime Lemerle, responsable des études sectorielles chez Euler Hermes.

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