Le programme pro-croissance de Trump peut-il vraiment être appliqué ?

08.08.2017

Dans sa dernière étude, Euler Hermes analyse les perspectives économiques américaines. Le leader mondial de l’assurance-crédit revient notamment sur les promesses formulées par l’administration en place.

 
Infographie programme économique Trump 
Après 8 ans d’expansion, l’économie américaine manque désormais de ressources pour croître encore. Des changements de politiques semblent nécessaires pour créer un nouveau cycle de forte croissance à moyen-terme.

Entre les désaccords qui agitent le Congrès et les changements répétés au sein de l’administration, l’incertitude autour des politiques économiques envisagées est grandissante. Alors que le Congrès ne parvient pas à trouver d’accord au sujet de la réforme du système de santé américain, le Président Trump sera-t-il en mesure d’appliquer le programme pro-croissance annoncé ?

Si la dérégulation a bien été mise en place, les plans d’infrastructures n’ont pas encore été dévoilés. En conséquence, les yeux sont désormais rivés sur les plans de réforme fiscale. Avec les élections de mi-mandat qui se rapprochent (2018), les Républicains auront certainement à cœur de montrer quelques avancées sur ce projet central. A court terme, les baisses d’impôts pourraient d’ailleurs délivrer un stimulus budgétaire de 1,2% à l’économie américaine.

Ainsi, Euler Hermes estime que la croissance américaine atteindra +2,3% en 2018, après +2,2% en 2017 et +1,6% en 2016. Néanmoins, rien n’indique que le programme économique du Président Trump pourra être totalement appliqué, et cette prévision pourrait être revue à la baisse. Si l’accord du Congrès pour la réforme fiscale s’avère impossible à obtenir, l’administration en place pourrait alors avoir recours aux restrictions commerciales pour restaurer un semblant de contrôle.

« Malgré des promesses de campagne qui ont enflammé les marchés, le Président Trump peine à réveiller l'économie américaine. Il jouera donc son va-tout à la rentrée : il doit financer au moins en partie le plan d'infrastructures (200 milliards au moins) et amorcer la réforme fiscale (impôts sur les sociétés abaissé à 15%), avec l'aide du Congrès », estime Ludovic Subran, Chef économiste d’Euler Hermes.