Réduction du délai moyen de paiement en France en 2015 : Quel constat à l'échelle sectorielle ?

22.08.2016

Euler Hermes analyse le délai moyen de paiement des clients (ou DSO – Days Sales Outstanding), à savoir le laps de temps qui s’écoule entre la livraison de marchandises ou la prestation de services et la date de règlement par le client. Le DSO est un indicateur largement reconnu de la santé des entreprises, qui témoigne de l'amélioration ou de la dégradation du risque clients.

 

La France dans le groupe des « pays méditerranéens »


Selon le leader mondial de l’assurance-crédit, le DSO des entreprises françaises cotées a enregistré en 2015 une baisse significative de -2 jours, pour s’établir à 72 jours. Pour comparaison, il était de 64 jours à l’échelle mondiale, et de 60 jours à l’échelle européenne.

La France fait partie des « pays méditerranéens » (Espagne, Portugal, Grèce, Italie), dont le DSO est supérieur à 60 jours, et les pratiques de paiement sont hétérogènes : 30% des fournisseurs de ce groupe de pays doivent attendre plus de 90 jours pour obtenir le paiement de leur créance, et seulement 28% d’entre eux sont payés dans un délai compris entre 30 et 60 jours.

Marc Livinec, conseiller sectoriel chez Euler Hermes, justifie l’évolution positive du délai moyen de paiement des entreprises françaises. « En 2015, nous expliquons la baisse du DSO en France par la qualité de gestion et le redressement du niveau de profitabilité des entreprises françaises. En témoigne le rebond du taux de marge en France : à 32,1% au T1 2016, celui-ci a gagné 2,5 points depuis le point bas du T4 2013. » A l’échelle sectorielle, la tendance à la réduction des délais de paiement en France se confirme : sur les 20 secteurs étudiés par Euler Hermes, plus de la moitié enregistre une baisse du DSO.


​DSO 2015 FRANCE PAR SECTEUR

2014​ 2015​ ​Δ 2014/2015

​Commerce de détail

32​

32​

0

Papier​

49​

45​

-4​

Automobile​

48​

45​

-3​

Métaux​

40​

48​

+8​

Télécommunications​

50​

50​

0​

Biens personnels​

55​

53​

-2​

Electronique grand public​

62​

61​

-1​

Transports​

63​

62​

-1​

Chimie​

60​

64​

+4​

Agroalimentaire​

64​

64​

0​

BTP​

66​

66​

0​

Pharmacie​

81​

70​

-10​

Électronique grand public​

78​

72​

-6​

Aéronautique​

86​

76​

-10​

Autres services​

82​

80​

-2​

Services publics​

77​

80​

+3​

Services commerciaux​

83​

83​

0​

Énergie​

80​

85​

+6​

Biens d'équipement​

91​

88​

-2

Technologie​

103​

98​

-5​

FRANCE​

74​

72​

-2​

 

Le secteur pharmaceutique garde la santé


Le recul le plus significatif est à l’actif du secteur pharmaceutique (-10 jours), avec un DSO inférieur en 2015 à la moyenne nationale (70 jours). Le secteur semble immunisé par son lien étroit à la santé des individus. « Dans un secteur aussi sensible et réglementé que celui de la santé, il est logique que les différents acheteurs, privés ou publics, soient très attentifs aux délais de paiements », analyse Marc Livinec.

A
u rayon des bons élèves, on retrouve aussi l’électronique (-6 jours), le papier (-4 jours) et l’automobile (-3 jours), qui enregistrent un DSO inférieur à la moyenne française, et en baisse pour la seconde année consécutive.



Vigilance dans le secteur des biens d’équipement, inquiétude dans le secteur énergétique


En 2015, pour quelques secteurs comme l’aéronautique (-10 jours, à 76 jours) et la technologie (-5 jours, à 98 jours), le délai moyen de paiement des clients se contracte sensiblement, mais reste supérieur à la moyenne nationale. C’est notamment le cas du secteur des biens d’équipement, dont le DSO reste très élevé (à 88 jours) malgré un recul de -2 jours. « Le secteur subit le contrecoup des difficultés rencontrées par ses principaux clients. Le BTP, par exemple, qui pâtit d’un manque d’activité, faute d’investissements publics dans les infrastructures. Ou encore le secteur énergétique, dont les marges sont très impactées par la chute du prix des matières premières », développe Marc Livinec.

Le secteur
énergétique, justement, enregistre en 2015 une hausse significative du DSO (+6 jours, à 85 jours). Une évolution qui reflète particulièrement les perturbations économiques nées d’un environnement déflationniste dans le secteur des matières fossiles (pétrole, gaz, charbon).