Avis défaillances

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Direction des Études Économiques | Euler Hermes | Mai 2017

Conjoncture et défaillances d'entreprises en Suède

La Suède s’est classée en 2016 parmi les économies les plus dynamiques en Europe grâce à un taux de croissance du PIB de +3,1%, notamment en raison de la plus forte augmentation de la dépense publique depuis 18 ans. Celle-ci reflète les efforts du gouvernement pour intégrer les 160,000 demandeurs d’asile arrivés en 2015. En 2017, la consommation des ménages devrait ralentir étant donnée l’inflation qui accélère (+1% en 2016) face à des salaires en progression constante. La politique monétaire accommodante et les mesures pro-entreprises devraient favoriser les investissements. La dépréciation tendancielle de la couronne suédoise depuis 5 ans (de -30% par rapport à l’euro) est un soutien pour le secteur exportateur, mais le ralentissement de la croissance de la dépense publique et de la consommation devrait entraîner une normalisation du rythme de croissance autour de +2.4% en 2017. Après trois années consécutives de baisse du nombre de défaillances d’entreprises (-6% en 2016), le ralentissement de la croissance pourrait conduire à leur stabilisation en 2017.

Conjoncture et défaillances d'entreprises en Corée du Sud

L’année 2016 s’est soldée par une croissance économique en ligne avec les objectifs de la banque centrale (+2,7%), malgré le ralentissement du commerce mondial et l’incertitude politique due à la destitution de la présidente Park Geun-Hye. La victoire confortable de Moon Jae-in (parti libéral démocrate) présage de réformes ambitieuses comme celle des chaebol (les conglomérats d’entreprises), la relance budgétaire, la création d’emplois publics et la hausse du salaire minimum, dont la consommation des ménages devrait bénéficier. Néanmoins, sur le front géopolitique, les tensions avec la Corée du Nord et de facto avec la Chine, son partenaire commercial principal, nuiront aux performances des exportations sud-coréennes. Ainsi, la croissance devrait rester plutôt stable (2,5% en 2017 et 2,7% en 2018), tandis que la très forte dette des ménages (94% du PIB) supposera une politique monétaire prudente. Après huit années consécutives de baisse (-23% en 2016) le nombre de défaillances d’entreprises devrait repartir à la hausse en 2017 (+3%). En effet, la tendance des fortes baisses de 2016 n’apparaît pas soutenable et de grandes entreprises ont déjà fait faillite (comme Hanjin shipping) en raison de la faiblesse des exports et du niveau élevé de la dette privée.

Conjoncture et défaillances d'entreprises à Singapour

L’atonie persistante du commerce international a continué d’affecter l’économie singapourienne. En effet, la Cité-Etat tributaire de ses exportations n’a cru que de +2% en 2016, restant bien en-deçà de sa moyenne sur dix ans (+5.5%, 2006-2015). La reprise de la demande mondiale devrait permettre une progression graduelle des exportations et ainsi une certaine accélération de l’activité en 2017 (+2.5%). En outre, le retour de l’inflation (+1% en 2017) après trois années consécutives de déflation, soulagera les chiffres d’affaires des entreprises qui pourront se remettre à investir. Ce cercle vertueux sera appuyé par une politique budgétaire accommodante, particulièrement envers les ménages et certains secteurs comme la construction ou les transports. Le hub commercial et financier stratégique jouit également d’un excédent courant majeur (20,9% du PIB en 2016) et de réserves de change significatives (couvrant plus de six moins d’importations). Toutefois, le contexte est devenu clairement moins favorable pour les entreprises, et le nombre de défaillances, stable en 2016, tendra à augmenter en 2017 (+12%), phénomène à relativiser car seulement 187 entreprises ont fait faillite en 2016.

Conjoncture et défaillances d'entreprises en République Tchèque

L’année 2016 a été décevante en République Tchèque qui a affiché une croissance de +2,4% après les 4,8% de 2015 (la plus forte croissance en huit ans). Ceci s’explique par la baisse marquée des investissements cofinancés par l’Union Européenne pendant la période de transition entre deux programmes, causant une forte contraction de l’investissement (-3,5%, après +9% en 2015). La consommation des ménages a été le principal moteur de la croissance (+2,9%) alors que la dépense publique a ralenti à +1,5% (après +2% en 2015). On note aussi un ralentissement du commerce extérieur bien que les exportations soient toujours plus dynamiques que les importations. L’appréciation de la couronne tchèque résultant de l’abandon du cours plancher face à l’euro a été contrôlée, et la volatilité ne devrait pas trop nuire à l’activité. Ainsi, avec le retour de l'investissement, une accélération de la croissance est attendue en 2017 (+2,8%). Après une chute de -10% en 2016, le nombre de défaillances devrait continuer à baisser en 2017 mais plus modérément (-5%), puisque malgré la reprise de l’investissement, il reste moins d’entreprises fragiles en activité après deux ans de baisse notable des faillites.

Conjoncture et défaillances d'entreprises en Norvège

L’année 2016 a été marquée par une nette décélération de la croissance en Norvège, due à l’effondrement du prix du pétrole. En effet, un tiers de l’économie norvégienne dépend de l’industrie des hydrocarbures tout comme plus de 60% de ses exportations. Une embellie est à prévoir pour 2017 avec un rebond de croissance à +1.5%, grâce à la remontée du prix du pétrole et à la reprise de la croissance mondiale. En outre, les politiques monétaires et fiscales continueront d’être accommodantes, mais à une échelle moindre pour limiter l’inflation (+3.5% en 2016). Cette dernière a en effet pesé sur la consommation des ménages, qui a été particulièrement peu dynamique (+1.5%). Des risques persistent, liés au prix du pétrole ou au Brexit, car le Royaume-Uni représente 19% des exportations totales du pays. Les entreprises ont payé le prix fort de cette accumulation de risques en 2016 avec une baisse des profits de -2pp, en particulier dans les secteurs de l’énergie, du métal et de la construction, contribuant à un accroissement des défaillances (+2% en 2016), tandis que 2017 devrait marquer une stabilisation.

Conjoncture et défaillances d'entreprises en Finlande

L’économie finlandaise a affiché en 2016 son plus fort taux de croissance depuis cinq ans (+1,6%), rendu possible par une consommation des ménages dynamique au vu de la faible inflation (0,4%), de la croissance des salaires et du faible taux de chômage (8,8%). Après trois ans de baisse, l’investissement s’est également redressé (+1,6% de croissance), mais les pressions sur les prix ont nui aux performances d’exportations. Le « Pacte de Compétitivité » du gouvernement, qui vise à réduire les coûts du travail de -4% d’ici 2019 et à améliorer la productivité, devrait augmenter le temps de travail effectif et réduire les allocations chômage. Cette réforme devrait flexibiliser les négociations salariales pour augmenter le taux d’emploi au niveau du taux Suédois (76%) ou Danois (77%). En 2017, la croissance ralentira à +1,2% au vu d’une consommation des ménages plus faible tandis que les exportations bénéficieront des réformes, de la reprise russe et d’un euro plus faible. Le nombre de défaillances d’entreprises devrait poursuivre en 2017 sur la même tendance que 2016 (-7%) grâce au contexte macroéconomique favorable.

Conjoncture et défaillances d'entreprises en Afrique du Sud

L’activité économique en Afrique du Sud stagne depuis trois ans, avec une croissance du PIB estimée à +0,3% en 2016, son niveau le plus faible depuis 2009. Elle est attendue à +1% en 2017. Cette stagnation est source d’insatisfaction comme en témoigne le déficit de confiance des ménages et des entreprises. Le ralentissement économique de la Chine, principal débouché à l’exportation, en a été l’élément déclencheur. En conséquence, la demande et le cours des métaux – premier produit exporté par le pays (12% des exportations totales en 2015) – ont chuté. Le taux de change s’est déprécié de -46% depuis 2011, même si les réserves de change de la banque centrale n’ont été que marginalement affectées (elles restent proches de 40 Mds USD). Cependant, la dégradation de la notation souveraine en catégorie spéculative par l’agence Standard and Poor’s (BB+), ne doit pas être sur-interprétée. L’économie stagne, mais tout ne va pas mal. Les défaillances d’entreprises ont chuté en 2016 (-1%), atteignant des niveaux historiquement bas (d’avant les sanctions internationales contre l’apartheid). Leur nombre devrait continuer de diminuer cette année (-5%), grâce à un rand plus fort et une meilleure saison des pluies.

Conjoncture et défaillances d'entreprises au Canada

L’économie canadienne a profité du prix élevé des matières premières jusqu’en 2014 pour en accroître son exploitation (pétrole, charbon) et a subi le poids de cette priorité lorsque ces prix se sont repliés. Si les difficultés du secteur de l’énergie n’ont pas entrainé de récession, la croissance a tout de même été nettement affectée, reculant à +0,9% en 2015 et à +1,4% en 2016, contre une moyenne à +2,3% par an les trois années précédentes. Ce choc est désormais passé, et la croissance devrait redevenir plus conséquente, à +2,1% en 2017 et +2% en 2018, bénéficiant notamment d’une dépense publique plus conséquente. La consommation des ménages n’a jamais été affectée durant les années de faible croissance, continuant de progresser de +2,2% même en 2016. Par contre, l’investissement a subi le contrecoup (-3,2% en 2016), une tendance qui devrait s’inverser en 2017 (+1,5%) avec la fin du choc pétrolier. Un point de vigilance concerne la situation du marché immobilier, où la hausse des prix s’est appuyée sur un accroissement de la dette des ménages (leur dette représente plus de 160% de leur revenu disponible). Les défaillances d’entreprises devrait se stabiliser en 2017 (-1%), après une baisse en 2016 (-7%) qui les a conduit à un nouveau plus bas historique.

Conjoncture et défaillances d'entreprises aux Etats-Unis

Aux Etats-Unis, les ménages et les entreprises ont fait preuve d’attentisme en 2016, dans l’expectative de l’élection présidentielle. En conséquence, la croissance du PIB était à son plus bas niveau depuis 2011, à +1,6%. Le scénario central d’Euler Hermes prévoit une croissance de +2,3% en 2017 : la crainte initiale d’un virage protectionnisme majeur a été atténuée, 500 milliards de dollars (au lieu de 1000 milliards initialement prévu) devraient être dédiés aux infrastructures, les taxes sur les entreprises seront fortement diminuées, l’inflation atteindra +2,6% et les spreads d’obligations d’entreprises se réduiront. Le dollar devrait s’apprécier de +5% en termes effectifs (taux moyen pondéré par les relations commerciales), pesant sur les exportations du pays. Surtout, le cycle de croissance américain devrait progressivement s’essouffler, avec un trade-off entre ralentissement progressif et tensions inflationnistes croissantes. Si les défaillances d’entreprises ont reculé en 2016 (-2%), l’effet de l’accélération de l’inflation se fera sentir. Le durcissement de la politique monétaire se répercutera sur les conditions de financement des entreprises : le nombre de défaillances est attendu en hausse de +5% en 2017.

Conjoncture et défaillances d'entreprises en Colombie

En 2016, l’économie colombienne a enregistré sa plus faible croissance en 8 ans (+1,9%). Les faibles prix du pétrole (qui représente 40% des exportations du pays) ont fortement détérioré les déficits publics et de la balance courante ce qui a poussé le gouvernement à réduire l’investissement public. Ces freins à l’activité et la récession dans les pays voisins ont fortement contribué à l’affaiblissement de la croissance. Néanmoins, l’atténuation des pressions inflationnistes (après le pic de +9% en juin 2016 en glissement annuel) s’est confirmée (+4,7% en glissement annuel en mars, plus très loin au-dessus de l’objectif des 3%). En conséquence, la banque centrale a pu adopter une politique monétaire expansionniste, en baissant progressivement les taux d’intérêt dès septembre (à 6,5% en avril). La croissance est donc attendue à la hausse à +2,2% en 2017, et l’investissement privé devrait être encouragé par la continuation du programme d’infrastructures (« 4G »). Reflets de la conjoncture économique, les défaillances ont vu leur nombre augmenter de +3% en 2016, mais devraient afficher un net repli en 2017 (-10%) en raison de la reprise et de réformes améliorant le climat des affaires.

Conjoncture et défaillances d'entreprises au Brésil

Le Brésil a connu en 2016 une deuxième année de forte récession (-3,5%) au milieu d’une forte instabilité politique. Le pays devrait croître à nouveau en 2017 (+0,6%). L’assainissement budgétaire tarde, mais la dette publique n’est pas véritablement un problème, la banque centrale en détenant une bonne partie et les réserves de change du pays dépassant toujours les 360 Mds USD. La diminution de l’inflation près de la cible de la banque centrale offre une bouffée d’air. La banque centrale en a profité pour réduire son taux directeur de 300 points de base à 11,25% depuis octobre 2016. D’autre part, cela laisse entrevoir un rebond de la consommation des ménages, élément majeur de tout retour à la croissance. L’indice composite des directeurs d’achat (PMI) est d’ailleurs repassé en avril 2017 au-dessus de la barre symbolique de 50 pour la première fois depuis janvier 2015. Le Brésil reste néanmoins exposé au risque de renforcement des mesures protectionnistes aux Etats-Unis et au ralentissement chinois, via ses exportations et les investissements étrangers sur son territoire. En 2016, la crise économique a une fois encore largement pesé sur les défaillances d’entreprises qui ont cru de +25%. Leur croissance devrait ralentir en 2017 au sortir de la récession (+13%).

Conjoncture et défaillances d'entreprises au Maroc

Le Maroc reste un ilot de relative stabilité, qui a échappé aux crises majeures traversées par ses voisins géographiques. Sa croissance reste donc relativement satisfaisante, nonobstant des à-coups liés à la volatilité de la production agricole, dont dépendent un quart des exportations. Celle-ci explique la moindre performance de l’économie marocaine en 2016 avec une croissance de +1.1%, mais qui devrait retrouver en 2017 son niveau de 2015 (+4.5%) avec le rebond des récoltes. Le déficit de la balance courante devrait diminuer à -2.7% du PIB en 2017, en raison du rebond des exportations (notamment agricoles) dont la progression devrait être de 1.8 mds EUR, c’est-à-dire trois fois le l’évolution enregistrée en 2016. En outre, la flexibilisation du taux de change du Dirham a officiellement était lancée, mais elle devrait rester progressive. Cette libéralisation s’opère sur la base d’une situation financière résiliente : stabilité du taux de couverture des importations et faible inflation (+2% en 2017). Les défaillances restent quant à elles en constante augmentation depuis 2008, avec +8% attendus en en 2017, après +21% en 2016. Ceci s’explique par la forte croissance de la démographie des entreprises au cours des dernières années et par le ralentissement du secteur immobilier.

Conjoncture et défaillances d'entreprises en Espagne

Après une croissance du PIB à +3,2% en 2016, l’Espagne devrait voir sa croissance se poursuivre en affichant une croissance de +2,5% en 2017. De nouvelles élections ont permis la formation à l’automne 2016 du nouveau gouvernement de Mariano Rajoy, mettant fin à dix mois de blocage politique. La croissance retrouvée, couplée aux réformes d’après crise, ont permis d’enclencher une baisse du chômage, qui se situait fin 2016 à son niveau le plus bas depuis sept ans (18,6%). Néanmoins, une légère hausse au premier trimestre (à 18,7%) témoigne d’une économie qui dépend d’emplois temporaires (pour un cinquième des salariés, deux fois plus que la moyenne régionale). Les défaillances d’entreprises ont enregistré une nouvelle forte baisse de -21% en 2016, avec un recul particulièrement dynamique dans les secteurs de la construction (-28%) et du commerce. Le nombre total de faillites devrait reculer plus faiblement en 2017 (-5%), reflétant une croissance plus modérée et de potentielles hausses d’impôts sur les sociétés. En effet, celles-ci pourraient s’avérer nécessaires pour compenser le déficit de la sécurité sociale et atteindre l’ambitieux objectif de déficit public fixé par le gouvernement à -3,1% du PIB (après -5,1% en 2015 et -4,5% en 2016).

Conjoncture et défaillances d'entreprises en Suisse

En 2016, l’impact du choc de l’appréciation du franc suisse a commencé à s’estomper, puisque la Suisse a affiché une croissance de +1,3% (après +0,8% en 2015). Au dynamisme des exportations s’est ajoutée une progression de la consommation des ménages, qui a bénéficié des faibles prix du pétrole et d’une politique monétaire très accommodante. Les pressions déflationnistes s’atténuent progressivement (-0,4% d’inflation en 2016) et devraient laisser place à une inflation modérée de +0,9% en 2017. Les fondamentaux de l’économie Suisse demeurent solides, comme en témoignent la dette publique autour de 35% du PIB, les comptes publics équilibrés et l’excédent de la balance courante (+11,2% en 2016). La reprise devrait se poursuivre avec une croissance de +1,6% en 2017 et +1,7% en 2018, mieux équilibrée entre la consommation des ménages et la demande extérieure. L’appréciation du franc suisse et le ralentissement de l’activité qui en a découlé ont mené à une forte hausse du nombre de défaillances d’entreprises en 2015. Cette tendance haussière s’est modérée en 2016 (+3%) et la croissance retrouvée devrait conduire à une faible augmentation du nombre de défaillances en 2017 (+1%) et à une stabilisation en 2018.

Conjoncture et défaillances d'entreprises en Italie

Après trois années consécutives de récession, l’économie italienne risque de ne sortir que timidement la tête de l’eau en 2015 et 2016 avec respectivement +0,4% et +0,9% de croissance, soit un rythme toujours inférieur à la moyenne de la zone euro. Cette reprise est portée par trois principaux moteurs : la baisse de l’Euro favorisant les exportations, le Quantitative Easing instauré par la BCE facilitant l’accès au financement des entreprises, et la chute du prix du pétrole augmentant le pouvoir d’achat des ménages et améliorant la profitabilité des entreprises. L’évolution des défaillances reste corrélée à cette situation macroéconomique, leur nombre ayant enregistré une nouvelle hausse en 2014 (+10,7%), alors que 2015 et 2016 conduiront à une légère baisse de respectivement -2% et -5%. Cette timide embellie demeure cependant trop précaire pour permettre aux secteurs les plus en difficulté d’assainir rapidement leur profil de risque. La construction et le transport continuent d’afficher un haut niveau de risque sectoriel, avec des difficultés de financement persistantes et un niveau de sinistralité très élevé.

Conjoncture et défaillances d'entreprises en Belgique

La Belgique enregistre une croissance en deçà de la moyenne de la zone euro (+1,2% en 2016, contre 1,7%), tendance qui devrait se poursuivre en 2017 (+1.3%). En effet, la suppression de l’indexation des salaires depuis 2015 et l’augmentation de plusieurs taxes indirectes comme la TVA ou l’impôt à la source pèsent sur la consommation des ménages. Ces réformes ont cependant pour but d’alléger la taxation des entreprises afin de stimuler leur compétitivité. Cette politique devrait soutenir les exportations, qui bénéficient également du bas niveau de l’euro (attendu à 1,07$ en 2017) et devraient être tirées par le maintien d’une croissance satisfaisante en zone euro (+1,7% en 2017, comme en 2016). Derrière l’Irlande, la Belgique est le pays qui bénéficie de la plus forte reprise de la profitabilité des entreprises, avec un taux de marge record de 42.8%. Dans ce contexte plutôt favorable, le nombre de défaillances d’entreprises devrait poursuivre sa tendance baissière en 2017 et 2018, bien qu’à un rythme plus faible, avec -2% et -5% respectivement (après -6% en 2016).

Conjoncture et défaillances d'entreprises au Royaume-Uni

En 2016, la croissance s’est maintenue à +1,8%, résistant plutôt bien au vote du Brexit. En effet, la formation rapide du nouveau gouvernement de Madame May a minimisé l’incertitude politique et la banque centrale s’est rapidement engagée à soutenir l’économie (à hauteur de 250 milliards de livres sterling) en complément du soutien budgétaire gouvernemental. Les consommateurs sont restés confiants étant donnée la croissance des salaires et la baisse du chômage et le pays a continué d’attirer les investisseurs. Enfin, les marchés financiers ont positivement réagi à la dépréciation de la livre (-15% en 2016). En 2017, la croissance devrait ralentir à +1,4% à cause d’une accélération de l’inflation et d’un ralentissement des salaires, ce qui nuira à la consommation des ménages. Les négociations de sortie de l’Union Européenne commenceront au lendemain des élections du 8 juin, devraient s’achever au printemps 2019 et aboutir sur une période de transition de deux ans pour négocier un accord de libre-échange. Le nombre de défaillances d’entreprises, en légère baisse en 2016 (-2%) devrait augmenter de +5% en 2017, en raison du ralentissement de la croissance et des pressions sur les marges, puisque la dépréciation de la livre augmente le prix des intrants.

Conjoncture et défaillances d'entreprises aux Pays-Bas

Après avoir atteint des niveaux annuels historiquement élevés en 2012 et 2013, les faillites d’entreprises ont repris le chemin de la baisse en 2014 (-19%) et poursuivront ce mouvement en 2015 et 2016 (respectivement -14% et -7%). L’évolution des défaillances est en ligne avec la situation macroéconomique du pays, qui après avoir connu une année de croissance modérée en 2014 (+0,8%), repartira de l’avant en 2015 et 2016, la croissance atteignant respectivement +1,3% et +1,6%. Celle-ci sera notamment tirée par un regain de la consommation privée, elle-même supportée par une embellie en termes d’emploi et une hausse des salaires réels. Les investissements sont également sur une dynamique haussière, leur croissance devant atteindre +4,7% en 2015 avec une reprise notable dans le secteur de la construction (+5,9% en 2015, après +4,0% en 2014). Ce dernier reste cependant en situation difficile, avec d’importantes surcapacités et un faible niveau de marges. Le commerce de détail présente également un profil de risque encore dégradé, avec un nombre important de défaillances qui devrait, à terme, conduire à un assainissement du secteur.

Conjoncture et défaillances d'entreprises en Allemagne

En 2016, l’accélération de la croissance allemande (+1,8%) a été soutenue par une demande intérieure particulièrement dynamique, grâce à la baisse du prix du pétrole et à l’accroissement des salaires. Elle a également été encouragée par le soutien des finances publiques, notamment avec la prise en charge des dépenses liées à l’accueil des migrants. Cela est rendu possible par une gestion budgétaire efficace, permettant à l’Allemagne de bénéficier d’excédents budgétaires (+0,6% du PIB en 2016), qui devraient contribuer à la diminution de la dette publique de 68,4% en 2016 à 65,5% en 2017. Le retour de l’inflation proche de la barre des +2% en 2017 (+1,8%) devrait peser sur la consommation privée, qui contribuera moins fortement à la croissance. Le relais sera pris par le dynamisme retrouvé des exportations qui bénéficieront de la reprise du commerce international. En outre, un regain de confiance amènera les entreprises à engager des dépenses d’investissement, particulièrement dans l’industrie et la construction. Après sept années consécutives de baisse, les défaillances d’entreprises devraient dans ce contexte très positif se stabiliser sur les minimas enregistrés en 2016.

Conjoncture et défaillances d'entreprises en Pologne

La croissance polonaise enregistre depuis 2014 le retour d’une croissance au-delà de 3% par an. Si 2016 a constitué un trou d’air relatif dans cette bonne performance d’ensemble (+2,7%), elle le doit à l’investissement qui a diminué de -5,5% en raison du retardement de projets financés par l’UE et plus largement par le ralentissement de l’investissement des entreprises publiques. La consommation a été le vecteur de la croissance, privée (+3,6%) et publique (hausse de la dépense publique de +3,8%), bénéficiant d’un contexte général favorable : prix du pétrole bas. Le corollaire de ceci est la quasi-disparition du déficit extérieur (déficit courant à hauteur de -0,5% du PIB en 2016). Les défis récents (guerre en Ukraine, migrants, proposition de convertir en zlotys les crédits immobiliers libellés en francs suisses) ont entrainé des changements politiques provoquant une perte d’appétit des investisseurs nationaux et internationaux. Ces défis n’ont pas eu d’impact sur la dynamique de croissance, qui ne se dément pas, avec des anticipations à +3,3% en 2017 et +3,2% en 2018. Mais Ils ont eu sur les défaillances d’entreprises (+8% en 2016 et +10% anticipés pour 2017).

Conjoncture et défaillances d'entreprises en Hongrie

La Hongrie a bénéficié d’une amélioration économique spectaculaire à partir de 2013 après avoir connu deux phases de récession (2008-09 et 2011-12), qui ont abouti à un rééquilibrage de l’économie hongroise, dont l’excédent de la balance courante désormais significatif a culminé à +4% du PIB en 2016. L’affaiblissement de la croissance en 2016 (+2%) s’explique largement par la baisse des fonds européens à destination du pays, ce qui a pesé sur l’investissement tant public que privé, dans un contexte où le gouvernement a pris l’habitude de privilégier ces ressources pour le financement de ses investissements. En parallèle, les dynamiques de la consommation des ménages et des exportations sont restées positives. Ceci devrait permettre un rebond de la croissance vers les 3% du PIB en 2017 et en 2018. Nonobstant, ces bases solides pour la croissance hongroise, et l’assainissement du secteur bancaire réalisé depuis quelques années, un point de vigilance concerne le niveau toujours de la dette extérieure du pays (105% du PIB en2016). Concernant les défaillances d’entreprises, le phénomène important est que leur baisse (-25% en 2017, -10% en 2018) ne devrait les ramener fin 2018 qu’au niveau de 2011, mais un niveau toujours trois fois plus élevé qu’en 2006.

Conjoncture et défaillances d'entreprises en Roumanie

L’activité économique en Roumanie a largement bénéficié des mesures de relance budgétaire comprenant notamment des baisses successives de la TVA, des exonérations d’impôts sur le revenu et la hausse des salaires du secteur public. Ces mesures, couplées à une politique monétaire accommodante, ont apporté un soutien considérable à la consommation des ménages, elle-même principal moteur de la croissance du PIB (+4,8% en 2016). Le PIB roumain devrait croître de +3,6% en 2017, parmi les meilleurs taux de l’Union Européenne, après l'Irlande. Après deux années de baisse des prix liées aux baisses d’impôts, une inflation modérée de +1,5% devrait revenir en Roumanie, ce qui contribuera à accroître le chiffre d’affaires des entreprises. Après trois années consécutives de forte baisse des défaillances d'entreprises (-18% en 2016), leur nombre est attendu en plus faible recul en 2017 (-5%). Le délai moyen de recouvrement (69 jours en moyenne en 2016) reste supérieur d’une semaine à la moyenne de la zone euro et de deux semaines au délai en Bulgarie et en Pologne.

Conjoncture et défaillances d'entreprises en Turquie

La croissance de l’économie turque a fortement ralenti en 2016 à +2,9% (après +5,2% en 2014 et +6,1% en 2015), et devrait se poursuivre à un rythme modéré en 2017 (+2%). La consommation des ménages a décéléré du fait d’une confiance en nette baisse en période de forte incertitude politique, tout comme l’investissement privé dont la croissance a été divisée par trois en 2016. Alimentés par la dépréciation de la livre turque et par le rebond des prix du pétrole, la croissance des prix à la consommation atteignait +11,3% en glissement annuel en mars 2017. La politique monétaire demeure timide face à ces enjeux et à la volatilité de la livre. Les finances publiques, bien que saines, sont menacées par la hausse de la dépense publique et des taux d’intérêts sur la dette comme en témoigne l’abaissement de la note souveraine turque en catégorie spéculative par les agences de notation. Après avoir diminué de -10% en 2016, le nombre des défaillances d’entreprises devrait croître en 2017 de +4%. En effet, la chute du taux de change depuis la tentative de coup d’Etat de juillet 2016 et le ralentissement marqué de la croissance pourraient mettre en difficulté de nombreuses entreprises cette année.

Conjoncture et défaillances d'entreprises en Russie

Après une croissance du PIB de -0,2% en 2016, la Russie devrait sortir de deux ans de récession en 2017 et retrouver une croissance faible (+1,3%). En effet, l’économie russe semble avoir absorbé le triple choc des sanctions occidentales liées au conflit en Ukraine, de la chute des prix du pétrole et de la forte dépréciation du rouble qui en a découlé. La production industrielle se redresse tout comme la confiance des consommateurs avec la hausse des salaires (+1,5% en mars) et la baisse du chômage (à 5,4% en mars). Malgré sa volatilité, le taux de change devrait atteindre en moyenne 58 roubles pour un dollar américain en 2017, soit toujours 45% plus en deçà de son niveau d’avant crise, en 2013 (32 roubles pour un dollar américain), mais bien au-dessus des 80 roubles par dollar (début 2016). Une inflation plus modérée est un atout pour la consommation, qui devrait rebondir cette année, mais la crise a laissé des traces : le système bancaire montre toujours des faiblesses en termes de profitabilité et de qualité des actifs. Après une hausse plutôt limitée du nombre de défaillances en 2016 (+4%), la reprise devrait bénéficier aux entreprises russes ; le nombre de faillites ne devrait augmenter que de +2% en 2017

Conjoncture et défaillances d'entreprises en Chine

L’année 2016 s’est soldée par une croissance économique en ligne avec les objectifs de la banque centrale (+2,7%), malgré le ralentissement du commerce mondial et l’incertitude politique due à la destitution de la présidente Park Geun-Hye. La victoire confortable de Moon Jae-in (parti libéral démocrate) présage de réformes ambitieuses comme celle des chaebol (les conglomérats d’entreprises), la relance budgétaire, la création d’emplois publics et la hausse du salaire minimum, dont la consommation des ménages devrait bénéficier. Néanmoins, sur le front géopolitique, les tensions avec la Corée du Nord et de facto avec la Chine, son partenaire commercial principal, nuiront aux performances des exportations sud-coréennes. Ainsi, la croissance devrait rester plutôt stable (2,5% en 2017 et 2,7% en 2018), tandis que la très forte dette des ménages (94% du PIB) supposera une politique monétaire prudente. Après huit années consécutives de baisse (-23% en 2016) le nombre de défaillances d’entreprises devrait repartir à la hausse en 2017 (+3%). En effet, la tendance des fortes baisses de 2016 n’apparaît pas soutenable et de grandes entreprises ont déjà fait faillite (comme Hanjin shipping) en raison de la faiblesse des exports et du niveau élevé de la dette privée.

Conjoncture et défaillances d'entreprises au Japon

Après des années de croissance anémiée (+1% en 2016), 2017 ne devrait pas marquer de véritable accélération (+1,2%), malgré un nouveau plan de relance budgétaire de l’ordre de 5 points de PIB. La croissance nominale sera, elle, davantage au rendez-vous, ce qui devrait bénéficier à l’investissement des entreprises, qui profiteront également d’un yen plus faible, de profits en hausse et d’une croissance du crédit plus conséquente. Mais le Japon pourrait bien être confronté à trois risques majeurs. Le risque d’un protectionnisme renforcé aux Etats-Unis; le risque d’une inversion de balancier sur le yen qui pourrait ébranler la compétitivité des exportations et la profitabilité des entreprises ; enfin, le risque que la consommation des ménages encore fragile soit minée par une problématique de pouvoir d’achat liée au rebond relatif de l’inflation (+0.8% en 2017). Le pays, en quasi-plein emploi, fait aussi face à une pénurie de main d’œuvre, notamment à cause de la contraction de la population active du fait de son vieillissement. Le nombre de défaillances d’entreprises a légèrement reculé en 2016 (-4%) et devrait rester plutôt stable en 2017. Cette stabilité s’explique par la souplesse du soutien des banques aux entreprises et de la politique monétaire, tandis que beaucoup d’entreprises japonaises ferment sans pour autant faire faillite.