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Les importations britanniques en provenance de France en hausse de +15% au T1 2019

Dans quelles conditions le Royaume-Uni quittera-t-il l’UE ? Avec ou sans accord de libre-échange ? A quelle échéance ? Ces questions peinent à trouver leur réponse, et l’incertitude relative au Brexit bat son plein. Une situation qui pèse sur le cours de la livre, et par ricochet sur le coût des importations britanniques. Pourtant, les importations du Royaume-Uni connaissent une forte croissance depuis début 2018, et la tendance se confirme cette année : elles ont progressé de +6.8% t/t au T1 2019. Comment expliquer une telle croissance ?

« Certes, le coût des importations britanniques augmente. Mais les entreprises implantées au Royaume-Uni sont inquiètes, et craignent de plus en plus un scénario de Brexit sans accord de libre-échange. Elles sont donc forcées d’accroître leurs stocks de précaution, et d’importer un maximum de produits finis ou intermédiaires. D’où cette croissance forte des importations du Royaume-Uni sur les deux derniers trimestres », justifie Ana Boata, économiste en charge de l’UE chez Euler Hermes.

Les entreprises françaises ont particulièrement bénéficié de cet accroissement des stocks britanniques. Au T1 2019, les importations du Royaume-Uni en provenance de France ont cru de +15% t/t (soit +1,3 Mds EUR). Une bonne nouvelle pour les exportateurs français, qui ont l’opportunité de compenser légèrement le manque à gagner engendré ces dernières années par le Brexit (-6 Mds EUR entre 2015 et 2019). Une sortie britannique de l’UE sans accord pourrait coûter environ -3 Mds EUR par an aux exportateurs français, mais 2019 devrait encore leur apporter de belles opportunités.

Le Brexit sans accord de libre-échange avec l’UE, un scénario qui gagne en crédibilité

Selon Euler Hermes, cette dynamique devrait se poursuivre au T3 2019, quand l’incertitude sera à son plus haut, juste avant la date officielle de sortie prévue le 31 octobre. Le leader mondial de l’assurance-crédit estime que le prolongement des négociations et le flou régnant autour du prochain Premier Ministre affecteront encore la confiance des entreprises britanniques. Ces dernières devraient ainsi continuer de renforcer leurs stocks de précaution, entraînant de nouveaux rebonds des importations britanniques.

« L’incertitude relative au Brexit se renforce de jour en jour, et une sortie du Royaume-Uni sans accord de libre-échange parait de plus en plus probable. Les deux parties campent sur leurs positions et appellent les acteurs privés à se préparer davantage à une sortie sans accord. Selon nos estimations, les chances qu’un No-deal Brexit se produise sont désormais de 40%, contre 25% précédemment », confie Ana Boata.