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Qu’est-ce que l’affacturage ? Découvrez une solution de financement qui préserve la trésorerie

03/12/2021

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Pour alléger son BFR et soulager la trésorerie, l’affacturage est devenu en quelques années l’outil de financement court terme favori des entreprises. Pour autant, cet outil a un coût, et son utilisation devrait être réservée en priorité à des circonstances ou des besoins spécifiques. Découvrez comment et pourquoi utiliser l’affacturage.

Qu’est-ce que l’affacturage ?

Le principe de l’affacturage est simple : une entreprise cède ses créances, sitôt émises, à une société financière (dite société de factoring ou factor), qui lui verse les montants correspondants puis se charge de récupérer les factures cédées.

Comment fonctionne l'affacturage ?

 
  • En amont de la signature d’un contrat d'affacturage, la société d’affacturage étudie la situation de l’entreprise et tout particulièrement son poste clients. Elle examine le montant de l'encours global des factures qui lui seront confiées ainsi que la situation des clients concernés. Objectif : identifier le niveau de risque.
  • Puis intervient la signature du contrat d’affacturage, qui fixe le cadre de la collaboration, dont les frais et l’éventuelle constitution d’un fonds de garantie.
  • Une fois le contrat signé, les factures émises sont cédées au factor. Celui-ci en règle le montant, déduit des frais et de l’éventuelle retenue de garantie.
  • À échéance des factures, le factor se charge d’en récupérer le montant auprès des débiteurs.
  • Une fois les créances honorées, le factor rembourse à l’entreprise les retenues de garantie.

Qu’est-ce que l’affacturage inversé ?

L’affacturage inversé, dit aussi reverse factoring ou supply chain finance, est une solution de financement qui permet aux entreprises, non pas de céder ses factures client à une société d’affacturage, mais de faire appel à elle pour régler de manière anticipée ses fournisseurs.

En pratique, la société d’affacturage règle les factures fournisseurs avant la date d’échéance. L’entreprise donneuse d’ordre règle ensuite le factor à l’échéance de la facture. À l’origine essentiellement pratiqué par les grands groupes, l’affacturage inversé est aujourd’hui de plus en plus pratiqué par les PME et ETI. En France, il est en outre encouragé par le gouvernement dans le cadre de la loi Pacte qui définit et encadre le recours à l’affacturage inversé collaboratif pour le secteur public.

L’affacturage inversé permet aux entreprises :

  • De préserver leur trésorerie.
  • D’entretenir des relations de confiance avec leurs fournisseurs et ainsi de sécuriser leur supply chain.

Qui peut faire de l'affacturage ?

L’affacturage s’adresse à toutes les sociétés, quelle que soit leur forme juridique, leur taille ou leur secteur. Dans les faits, et même si pour un factor c’est d’abord la solidité du débiteur qui compte, l’entreprise devra généralement :

  • présenter un capital raisonnable
  • ou disposer d’un apport en compte courant bloqué, attesté par un expert-comptable.

À noter : Si la solution reste envisageable lors d’une procédure judiciaire, les entreprises en liquidation ne pourront pas être financées par l’affacturage.

Le factoring ne concerne que les activités inter-entreprises (B2B), autrement dit les factures adressées à des entreprises privées et à des organismes publics. Les ventes à des particuliers n’y sont donc pas éligibles.

Si, il y a quelques décennies, c’étaient surtout les entreprises en difficulté qui se tournaient vers l’affacturage, la banalisation de la pratique et son utilisation massive par les grandes sociétés ont permis de largement dépasser ce cadre, pour en faire un outil adapté à des situations plus diverses.

Pourquoi utiliser l'affacturage ?

En tant que biais de financement, l’affacturage permet d’obtenir rapidement une avance de trésorerie. Voilà pour le principe mais, dans les faits, quelles sont les situations dans lesquelles une entreprise fera appel à l’affacturage ?

Baisse brutale d’activité, impayé important non assuré, événements imprévus : quelle PME n’a pas connu de moment difficile ? Dans ces circonstances, il n’est pas forcément aisé d’obtenir un soutien bancaire direct – qu’il s’agisse d’une autorisation de découvert ou d’un crédit court terme. Le factor, quant à lui, s’intéresse d’abord à la solvabilité des clients facturés – puisqu’il est devenu propriétaire (avec ou sans conditions, voir plus bas) de leurs créances. L’affacturage permet donc à des entreprises en situation financière tendue de renforcer leur trésorerie.
Les sociétés qui adressent des marchés saisonniers connaissent chaque année des pics d’encours client. C’est ainsi le cas par exemple des fournisseurs du prêt-à-porter, mais aussi des entreprises de l’agro-alimentaire – comme des chocolatiers ou des brasseurs, entre autres. Dans l’attente des règlements, il leur faut pourtant continuer à financer l’exploitation. L’affacturage s’avère ici aussi plus souple et plus simple à obtenir, par rapport à un crédit de campagne, par exemple.
Quand une PME est en croissance rapide, son chiffre d’affaires augmente vite, mais son besoin en fonds de roulement (BFR) aussi. Il lui faut acheter davantage de matières premières, constituer des stocks, voire consentir des délais de paiement supérieurs à son habitude pour conquérir un nouveau marché. Pour les entreprises de services, où les ressources humaines sont souvent rares et quelquefois coûteuses, il faut payer chaque mois les salaires et les charges… alors que le temps de règlement moyen d’une facture (le DSO) atteint  66 jours en moyenne en 2020.
 
Si l’augmentation du BFR est plus rapide que l’augmentation de l’excédent brut d’exploitation, et si la société est insuffisamment capitalisée, la trésorerie d’exploitation devient vite négative : c’est le redoutable effet ciseaux, qui a fait chuter plus d’une entreprise prometteuse.
 
En mobilisant les créances client, l’affacturage permet aux entreprises en croissance rapide de disposer d’un apport de trésorerie immédiat pour financer leur cycle d’exploitation.
Pour l’entreprise qui a des projets d’investissement, tout comme pour son banquier, l’affacturage permet de diversifier ses apports financiers. Le recours au factor est ainsi dédié au financement à court terme de l’exploitation, et les apports bancaires sont utilisés pour des projets destinés à construire le développement et la future rentabilité : nouvelles capacités de production, achat d’un concurrent, élargissement du portefeuille d’activités, etc. L’affacturage devient un outil supplémentaire dans la stratégie financière globale de l’entreprise.

Affacturage vs. assurance-crédit : attention au risque d’impayés

Le recours à l’affacturage dispense-t-il d’une  assurance-crédit ? Les deux solutions ont certes un objectif commun : préserver la trésorerie de l’entreprise. La différence entre l’affacturage et l’assurance-crédit tient donc aux moyens mis en œuvre pour la préserver. La première solution permet de disposer des fonds avant son échéance. La seconde d’assurer son compte clients pour ne pas risquer un trou d’air dans sa trésorerie.

Dans les faits,  affacturage et assurance-crédit se révèlent complémentaires. En effet, le risque d’impayé existe toujours, tout particulièrement dans des situations économiques difficiles, où l’effet domino peut faire basculer dans le rouge d’excellentes signatures.

Un contrat d’affacturage peut être défini avec ou sans recours. Dans le premier cas, le fournisseur conserve la responsabilité du règlement, et devra rembourser le factor en cas d‘impayé. Dans le second, la créance reste la propriété du factor, qui s’est assuré de son côté, et le fournisseur n’aura pas à le rembourser.

L’entreprise a la possibilité de souscrire une police auprès d’un assureur-crédit extérieur. Une option intéressante à plus d’un titre :

  • Si le factor n’a pas recouvré la créance à échéance, c’est l’assureur crédit qui prend en charge les démarches de recouvrement ou d’indemnisation.
  • Le fournisseur conserve la maîtrise de sa relation client.
  • Il bénéficie d’informations sur la santé financière de ses prospects et clients avant d’avoir émis la première facture.
  • Il peut couvrir des opérations à l’exportation y compris en « grand export ».