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TPE, PME, artisans face à la fin des aides étatiques : bien gérer sa trésorerie

17/11/2021
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Le remboursement des Prêts garantis par l’État (PGE), prévu à partir de mars 2022, risque de mettre à mal la trésorerie des entreprises, et tout particulièrement les plus petites d’entre elles, dans un contexte de reprise de l’activité encore très progressive. Raison de plus pour bien gérer à la fois la trésorerie, le processus de recouvrement des factures impayées et la supply chain de son entreprise. Explications et recommandations avec Selin Ozyurt, économiste sénior chez Euler Hermes.

De nombreuses TPE disposent d’une visibilité réduite sur leur trésorerie, en particulier à cause de leur forte exposition au risque d’impayés. Une fragilité expliquée par leur taille et leur peu de poids lors des négociations des délais de paiement. Ce manque de visibilité s’est accentué depuis le début de la crise sanitaire et le ralentissement de l’économie.

La trésorerie, un élément clé de la survie des entreprises

Bien gérer sa trésorerie est essentiel. C’est même une question de survie pour une TPE, qui doit souvent faire face à un décalage entre ses encours clients et fournisseurs. « La crise sanitaire et économique rend d’autant plus cruciale la surveillance de tous les écarts d’entrée et de sortie de fonds. Malgré le PGE dont certaines entreprises ont pu bénéficier, leur trésorerie est aujourd’hui tendue et nécessite un suivi ultra-rigoureux afin de pouvoir affronter chaque échéance de manière sereine (paiement des salaires, règlement d’un fournisseur majeur…) », analyse Selin Ozyurt.

D’autant que ces aides vont être réduites et circonscrites à certains secteurs, dont l’hôtellerie, la restauration, l’événementiel, le voyage ou la sécurité. Dans la récente enquête Risque client et contexte Covid menée par Euler Hermes, 71,7% des dirigeants interrogés reconnaissent avoir bénéficié de ces aides depuis le début de la crise, mais seulement 27,1% en bénéficiaient encore au premier semestre 2021.

Impayés : rigueur et détection précoce

Plus que jamais, la rigueur est donc de mise dans le suivi du paiement des factures et la détection des factures impayées.

  • Maîtriser les délais
    Le délai est primordial dans une politique de recouvrement. Plus les étapes du recouvrement (appels, relance…), sont lancées rapidement, plus elles ont de chance d’aboutir.

À noter : Une étude réalisée par Euler Hermes a montré qu’une procédure de recouvrement lancée moins de 60 jours après l’échéance présente 70% de chances de récupérer plus de 75% de la créance. Mais si elle est lancée plus de 95 jours après l’échéance, il y a alors 70% de chances de ne rien recouvrer.

  • Mettre en place un processus de recouvrement
    « Une des leçons de la crise pour beaucoup d’entreprises de petite taille a été de s’apercevoir que leurs procédures de credit management et de recouvrement étaient encore trop artisanales, pas assez flexibles et réactives. Certes, la crise a pris tout le monde de court mais l’amélioration des processus de recouvrement permet de s’assurer d’une plus grande résilience », explique Selin Ozyurt.

Une amélioration qui, à en croire les dirigeants interrogés dans l’enquête Risque client et contexte Covid, passe par l’accompagnement d’un assureur-crédit. 46,2% des répondants prévoient ainsi une révision de leurs procédures de credit management. Parmi eux, 61,8% privilégieront les échanges avec leur assureur-crédit.

Revoir son rapport au risque sur sa supply chain

La crise sanitaire et les fermetures de frontières ont également mis en avant le rôle essentiel des risques liés à la supply chain. Elles ont notamment exposé la vulnérabilité des systèmes trop tendus et trop optimisés, qui ne laissent que peu de place à l’adaptabilité. Les entreprises qui ont le mieux résisté aux ruptures de leur chaîne d’approvisionnement sont celles qui disposaient de stocks ou qui ont été capables de mettre en place de nouvelles chaînes d’approvisionnement.

Ainsi, la maîtrise de sa chaîne d’approvisionnement est fondamentale pour préserver sa trésorerie. « La crise a changé le rapport au risque. Les entreprises ont compris qu’il vaut mieux éviter de dépendre d’un seul client ou fournisseur. La diversification permet une mutualisation efficace des risques », conseille Selin Ozyurt.

Pour certaines TPE et PME, c’est un rappel à l’ordre. Pour d’autres, c’est une prise de conscience.

Notre conseil

Dans le cadre de la gestion de son risque, Euler Hermes peut intervenir pour évaluer la fiabilité de la supply chain et proposer des recommandations.