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Reprise post-Covid : pourquoi rester vigilant en matière de factures impayées

10/11/2021
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La reprise de l’activité qui accompagne la progressive sortie de la crise sanitaire ne signifie pas une disparition du risque de factures impayées. Pour les entreprises, la gestion de cette période de transition doit s’accompagner d’une vigilance en matière d’impayés et de politique de recouvrement. Explications et conseils avec Maxime Lemerle, Responsable du département Etudes sectorielles et défaillances d’entreprises d’Euler Hermes.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : après le choc de la pandémie et les confinements successifs, la reprise est désormais au rendez-vous. Dans sa récente enquête Risque client et contexte Covid, Euler Hermes a recueilli les réponses de plus de 800 dirigeants d’entreprises. Le résultat est clair : 44,1 % des répondants s’attendent à une croissance de leur chiffre d’affaires de plus de 5 % sur l’année 2021.

Des impayés toujours présents

Malgré la reprise économique, le risque de factures impayées reste toutefois bien présent : 97 % des répondants en ont subi au premier semestre 2021. Et ce alors que nombre d’entreprises ont bénéficié d’un soutien massif de l’État, notamment par le biais du prêt garanti par l’État (PGE). « La plupart des entreprises, toutes tailles et tous secteurs confondus, ont pu bénéficier de ces aides et ainsi renflouer leur trésorerie. Le fait que les impayés n’aient pas diminué n’est donc pas rassurant », constate Maxime Lemerle. « La fin progressive de cette mise sous perfusion de l’économie risque donc d’avoir des conséquences sur le nombre de recouvrements de factures impayées, dans de multiples secteurs d’activité. »

Des secteurs inégalement touchés

De fait, le retour à la normalité va réserver son lot de surprises. En accordant largement des prêts garantis, l’État a sans nul doute aidé des entreprises qui étaient déjà en difficulté avant la crise, voire non-viables, et qui, à terme, auraient déposé le bilan. En décalant dans le temps certaines défaillances, les aides étatiques risquent de créer un effet boomerang.

Et ce d’autant plus que la crise a créé des gagnants et des perdants. « La reprise va profiter inégalement aux entreprises. Certains changements de comportement des consommateurs, apparus durant cette période, sont amenés à s’imposer durablement ; d’autres doivent encore faire leurs preuves dans le temps. C’est le cas, par exemple, des services de restauration à emporter ou de l’e-commerce de proximité. La normalisation ne signifie pas un retour à l’activité d’avant-crise et aux mêmes répartitions des parts de marché. »

Notre conseil

Une analyse des secteurs à risque peut être menée conjointement avec son assureur-crédit pour essayer d’anticiper et de prévenir les défaillances et les impayés de ses clients. « Le rôle de l’assureur-crédit dans cette quête d’informations et d’anticipation va être amplifié. »


Les dirigeants en sont conscients, ce qui transparaît dans les résultats de l’enquête Risque client et contexte Covid : 52,1 % des répondants s’attendent à une hausse des défaillances au cours des six prochains mois et 61 % prévoient un recours plus fréquent à des services d’information sur leurs clients, composante essentielle d’un contrat d’assurance-crédit.

Relance : attention vigilance

« L’histoire a montré que toute période post-crise s’accompagne de difficultés de financement de la reprise d’activité, mais aussi d’une baisse de vigilance face au risque de factures impayées. Les entreprises ont généralement tendance à se focaliser sur le développement de leur chiffre d’affaires », prévient Maxime Lemerle.

L’euphorie et la confiance dans l’avenir entraînent en effet souvent un relâchement dans la surveillance de la solvabilité des clients et dans l’attitude face à un client débiteur.

Notre conseil

Le rôle de conseil et de prévention d’un assureur-crédit comme Euler Hermes va être primordial dans cette période transitoire délicate.

La vigilance est d’autant plus de mise que le risque d’inflation exerce une pression soutenue sur les marges. « Le contexte de hausse du cours des matières premières (plastique, carton, métaux, essence, céréales…), voire de pénurie (semi-conducteurs électroniques pour l’automobile notamment) n’aide pas à l’amélioration des marges. », analyse Maxime Lemerle.

Le risque d’impayés et d’allongement des délais de règlement est donc à prévoir dans les secteurs touchés par cette inflation. Et ce, alors même que les dirigeants interrogés dans l’enquête Risque client et contexte Covid confient leur intention de réduire ces délais en exigeant des règlements à la commande pour plus d’un répondant sur deux (51,8 %) ou en demandant le paiement comptant (42 %). « Attention à ne pas accorder trop de contreparties commerciales (escompte, rabais…) en échange de ces paiements comptants, dans le seul objectif d’augmenter rapidement le chiffre d’affaires… Une telle stratégie n’est pas tenable à long terme. Et le crédit inter-entreprises existe justement car il est nécessaire au business model. »