Mesures de soutien aux entreprises, le rôle des assureurs crédit pour encourager la reprise

13/10/2020

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La crise économique déclenchée par la pandémie de Covid-19 a mis la trésorerie des entreprises à rude épreuve : des rentrées parfois égales à zéro, et des charges qui continuent à courir. Dès le 16 mars au soir, la décision était prise : il faut sauver les entreprises françaises, « quoi qu’il en coûte », comme l’a souligné notre Président.

Pour empêcher l’asphyxie des PME et permettre à leur activité de reprendre, l’Etat français a mis en place en un temps record des dispositifs sans précédent de soutien à l’économie à tous les niveaux, s’adressant directement aux entreprises et permettant également de soutenir globalement les échanges commerciaux.  

L’une des première mesure suite au confinement a été d’assouplir le recours au chômage partiel. Mais l’allégement partiel des charges salariales, les reports d’échéances fiscales et la mise en place du PGE (Prêt Garanti par l’Etat), n’ont pas suffi à soutenir la trésorerie des entreprises françaises, notamment celles pour lesquelles la situation était déjà tendue avant la propagation de l’épidémie.

D’autres dispositifs ont bien entendu été déployés pour tenter de répondre au mieux aux besoins de l’ensemble du tissu économique français. Malgré ces mesures, le département de recherche économique d’Euler Hermes estime que les défaillances d’entreprises croîtront de +21% en France et de +31% à l’échelle mondiale entre 2019 et 2021, soit le plus haut niveau jamais atteint depuis la crise de 2009.

L’importance du crédit interentreprises

Le cœur du financement des entreprises en France n’est pas uniquement lié aux crédits bancaires ni aux fonds propres, mais surtout à ce que l’on appelle le crédit interentreprises, c’est-à-dire celui que les entreprises s'accordent entre elles dans le cadre de leurs relations commerciales. Le crédit interentreprises se matérialise par les délais de paiements accordés entre les clients et les fournisseurs. Ceux-ci sont essentiels à la continuité des échanges et à l’amorçage de la reprise économique. Plafonné en France à 60 jours, ces délais de paiement peuvent aller jusqu'à plus de 120 jours sur certaines destinations au grand export.

Mais accorder un délai de paiement a un coût pour l’entreprise, les créances clients pouvant représenter jusqu’à 40% de son actif… Un coût qui s’additionne au risque de ne jamais être payé, ou d’être payé en retard.

La crise du Covid-19 a provoqué un choc considérable qui met à mal le crédit interentreprises, véritable « banque invisible » des entreprises. Avec des flux de trésoreries tendus et un risque de défaillance accru, celles-ci sont plus hésitantes à s'accorder des délais de paiement. Or, si tous les fournisseurs demandent à être payés cash, on risque une rupture de la chaîne d'approvisionnement et un potentiel scénario de défaillances en cascade.

Depuis le mois de mars les retards de paiements s’accumulent et le risque d’impayés s’est très fortement renforcé. Cette tendance n’est pas propice à l’octroi de délais de paiement…

« En France, le crédit interentreprises pèse 3 fois plus que le crédit bancaire soit plus de 700 milliards d’euros. Il est indispensable au financement de la marche des affaires. Le bon fonctionnement de la relation client/fournisseur est tout simplement crucial. Celle-ci repose sur la confiance réciproque et le respect des engagements », rappelle Alexis Prevesianos, Directeur des Grands Groupes & Institutions chez Euler Hermes France.

L’assurance-crédit joue un rôle dans le maintien de cette confiance en assurant environ 1/3 de ce crédit interentreprises. En garantissant les entreprises contre le risque d’impayés, elle sécurise les transactions commerciales.

L’assurance-crédit pour soutenir l’économie et la reprise d’activité

Un impayé, même peu élevé peut avoir des conséquences désastreuses pour la trésorerie d’une entreprise. En particulier dans les secteurs dont la marge brute est assez faible, cela représentera d’autant plus de chiffre d’affaires à compenser. Euler Hermes, leader mondial de l’assurance-crédit, joue un rôle significatif dans le fonctionnement du crédit interentreprises protégeant les entreprises contre le risque d’impayés. Nous disposons ainsi de données à jour pour évaluer la solvabilité des entreprises à court et moyen terme. Nous apportons ainsi à nos assurés plus de visibilité et d’anticipation sur les risques encourus pour qu’ils adaptent en conséquence leur politique de crédit client, nous leur apportons également l’aide de nos experts pour le recouvrement de leurs créances et enfin les indemnisons en cas d’impayés. En protégeant les fournisseurs des risques d’impayés, l’assurance-crédit prévient l’effet domino des faillites en chaine. Mais face à la dégradation sévère de la situation financière qui touche l’ensemble des secteurs d’activité et face à la vague d’impayés qui se profile, l’assurance-crédit ne peut œuvrer seule à la préservation du crédit interentreprises.

Pour accompagner la reprise des entreprises, durement fragilisées par la crise, les assureurs-crédits se sont mobilisés auprès de l’Etat pour mettre en place un dispositif public de soutien au crédit interentreprises.

Une série de dispositifs appelés CAP (Compléments d’Assurance-Crédit Publique) a été déployée.

Ces dispositifs ont pour but de favoriser le crédit interentreprises et donc d’apporter un effet vertueux pour la reprise. L’objectif étant, en cette période tendue, d’apporter de la sécurité aux assurés, et davantage de crédits fournisseurs aux acheteurs.

CAP Relais est un dispositif de transition pour accompagner la reprise. Ce dispositif public de réassurance consiste en un partage des risques entre les assureurs-crédit et l’Etat, jusqu’à la fin de l’année. L’Etat supportera 75% des sinistres des assureurs-crédit qui, de leur côté, transfèreront 75% de leurs primes à l’Etat et couvriront les sinistres subis à hauteur de 25%. Ce dispositif engage l’ensemble des assureurs-crédits à maintenir globalement leurs couvertures jusqu’au 31 décembre 2020 et à maintenir les garanties individuelles octroyées à leurs assurés selon un échéancier défini par l’Etat en fonction de la classe de risque de l’acheteur, les acheteurs en situation de défaut de paiement restant exclus de ce nouveau dispositif étatique.

« CAP Relais nous permet de maintenir globalement nos engagements de couverture et d'en prendre de nouveaux. Un soutien de poids pour la trésorerie des entreprises françaises, qui permet aux acheteurs de continuer à obtenir du crédit fournisseur, et aux fournisseurs d’être protégés du risque d’impayés », déclare Hubert Leman, Directeur des Engagements chez Euler Hermes France.

CAP Relais s’applique sur des créances domestiques ou à l’export, sans coût supplémentaire pour l’assuré. Il permet ainsi de maintenir la confiance dans les échanges commerciaux et d’en assurer la continuité en partageant les risques. Bruno Le Maire, ministre de l’Economie, souligne : « Le maintien du crédit interentreprises apportera aux entreprises la stabilité financière dont elles ont besoin dans cette période de reprise d’activité ».

Les dispositifs CAP et CAP+ (Complément d’Assurance-Crédit Publique) ont déjà été utilisés au moment de la crise financière de 2008-2009. Mis en place par l’Etat en avril dernier, ils ont pour objectif de permettre aux entreprises assurées-crédit d’obtenir, sous certaines conditions, des couvertures complémentaires en France et à l’international, accordées par leur assureur et contre-garanties par l’Etat.

Le principe du CAP est simple : les entreprises assurées-crédit ont la possibilité de compléter la garantie accordée par les assureurs-crédit sur certains de ses acheteurs.

Le système CAP+ va plus loin : Il s’adresse aux entreprises dont les clients ne peuvent plus être couverts par les assureurs-crédit dans le contexte actuel. Ce nouveau dispositif permettra aux entreprises assurées-crédit de bénéficier de garanties sur un segment d’entreprises jugées particulièrement sensibles