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Textile et habillement : un secteur en péril

26/11/2020

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Malmené depuis une décennie, le secteur textile français est sorti encore fragilisé du premier confinement. Alors qu’une vague de défaillances menace, les entreprises du secteur doivent à la fois se réinventer et se protéger financièrement pour éviter la faillite.

Certaines annonces font l’effet d’un coup de tonnerre. Dans le secteur textile – comprendre celui de la distribution textile et de l’habillement –, le dernier en date est sans doute la publication par Inditex de ses premières pertes depuis 2001, date de son entrée en Bourse. Le propriétaire des marques Zara, Massimo Dutti, Bershka… a vu ses ventes plonger de 44 % au premier trimestre 2020. Derrière le cas de l’emblématique leader mondial, c’est la résilience de tout le secteur, menacé par les défauts en série, qui interroge. 

« Les procédures collectives des grandes entreprises se sont multipliées en France au cours de la première partie de l’année, confirme Eve Guibert-Boutron, Arbitre, Responsable de branche chez Euler Hermes, qui cite en exemples Kidiliz (Z, Catimini, Absorba), La Halle, Naf Naf, Celio ou encore la mise en redressement de Camaïeu. Dans le sillage de la deuxième vague de l’épidémie de Covid, nous nous attendons désormais à une deuxième vague de défaillances. Selon nos dernières estimations, le nombre de défaillances d’entreprises croîtra de +30% en France en 2021. » 

Endettement et incertitudes

En cause, la fin des mécanismes de soutien de l’État, tels que le chômage partiel, le décalage de taxes ou les PGE (prêts garantis par l’État). Même si elles ont été prolongées, elles devraient prendre fin en cours d’année prochaine. De même, le gel de l’état de cessation de paiements, acté par voie d’ordonnance, et la fermeture des tribunaux de commerce ont maintenu statistiquement en vie des entreprises qui auraient dû être déclarées en défaut de paiement. « Ces aides ont permis à de nombreux acteurs de préserver artificiellement leur trésorerie, mais elles ont également creusé leur dette. Le taux d’endettement moyen des entreprises de la distribution textile était déjà élevé avant la crise, 30 % en moyenne. Il se monte désormais à 45 %. En réalité, nombre de sociétés sont déjà en cessation de paiement technique », alerte Eve Guibert-Boutron.

Cet endettement élevé se conjugue en effet à une forte contraction de l’activité. Pour l’année 2020 dans son ensemble, la contraction du chiffre d’affaires est estimée à 30 %. Les incertitudes pesant sur la consommation et les effets de la crise sur l’emploi ne feront rien pour arranger les niveaux des ventes. Le secteur ne représentant que 2 % du PIB, il apparait comme moins prioritaire pour la mise en place rapide d’un plan de soutien gouvernemental ciblé. De plus, il ne fait pas partie des activités ciblées pour une relocalisation en France, trop coûteux pour des groupes qui n’ont aujourd’hui que peu de capacités d’investissement.

Conséquences d’une décennie de décroissance

Si l’accélération des défauts de paiement est indéniable, le phénomène n’est cependant pas nouveau. Newlook, IKKS, Orchestra, Somewhere, Les Petites, ne sont ainsi que quelques-uns des groupes à avoir fait défaut en 2018 et 2019. 

Les raisons sont structurelles comme conjoncturelles. Aux récentes perturbations – crise des gilets jaunes, grèves des transports, manifestations contre la réforme des retraites – s’ajoute une décennie de décroissance. « Sur 11 ans, le marché des produits textile et habillement s’est contracté de 20 %. Pourtant, les volumes de produits vendus ont augmenté de 60 % et les surfaces des magasins de 50 %. Les coûts fixes ont explosé, dans un contexte de guerre des prix et de concurrence accrue. La production a été délocalisée afin de soutenir les marges », résume Eve Guibert-Boutron. 

Un modèle à repenser 

« Sans réforme des dispositifs d’aides gouvernementales, le remboursement du PGE, ainsi que la dette fiscale et sociale vont considérablement dégrader la trésorerie des entreprises et pénaliser leur création de richesse », prévient Eve Guibert-Boutron. 

Les entreprises du secteur peuvent cependant jouer sur plusieurs leviers de croissance. L’e-commerce d’abord, dont le confinement a souligné l’importance. Ce canal a doublé son chiffre d’affaires en dix ans, mais moins d’un quart des entreprises ont actuellement une chaîne digitale complète (source : FNH). 

Deux autres tendances peuvent porter le secteur : celle d’une offre plus locale et responsable et celle des produits à haute valeur ajoutée. « Nous remarquons une meilleure résistance des entreprises positionnées sur le segment des textiles techniques, ajoute Eve Guibert-Boutron. Ces produits, ainsi que le segment du luxe, constituent encore des marchés de niche, qui tirent leur épingle du jeu. Avec une attention accrue portée aux conditions de production. » 

Objectif : solidité financière

Des leviers de croissance, et des investissements, qui vont nécessiter de la part des entreprises du secteur une attention accrue à leur niveau d’endettement mais aussi et surtout à la situation financière de leurs fournisseurs et clients pour éviter de se trouver pris au piège de la spirale de défaillances. 

« À l’export, comme en France d’ailleurs, il est capital de connaître la situation financière de ses acheteurs, de ses partenaires, pour éviter toute exposition à des impayés. Le risque est réel, car le secteur est fragilisé, et mérite un suivi tel que peut le réaliser Euler Hermes », souligne Eve Guibert-Boutron. Maîtrise des risques internationaux donc, mais aussi soutien au crédit interentreprises, sécurisation de la trésorerie, prévention du risque client… dans cette période d’incertitudes, le recours à l’assurance-crédit se révèle un levier particulièrement pertinent pour assurer sa croissance, dans la durée et en toute sérénité. 

Cette sécurisation sera l’un des principaux enjeux pour les entreprises qui visent la pérennisation de la reprise. Pour les entreprises du secteur textile, l’avenir passera sans doute par une transformation du modèle, en faveur d’une offre plus propre, responsable et technique, c’est-à-dire à plus forte valeur ajoutée, et une maîtrise efficace du risque d’impayés.

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